Soyons de bon compte, le ministre-Président wallon, Elio Di Rupo (PS), ne vient pas de rejouer la tirade emblématique prononcée à l’encontre de socialistes carolos indélicats lors d’un congrès de son parti en 2005. Néanmoins, le ton pris par l’ancien président du PS, mercredi matin en séance plénière du Parlement wallon lors d’un débat sur la crise sanitaire, était à peu près le même. Et lorsqu’il s’énerve, Elio Di Rupo, dont la voix se confond presque avec celle du chanteur Julien Clerc, monte dans les tours. L’objet de son courroux, mercredi, n’était autre que le PTB, qui critiquait sévèrement l’action du gouvernement wallon pendant cette crise sanitaire (testing, tracing, vaccination, etc.). "Quand je vous ai proposé de participer au pouvoir, vous avez refusé…", a ainsi éclaté Di Rupo faisant référence aux négociations dites "Coquelicot" pour former un gouvernement wallon durant l’été 2019. "Que proposez-vous ?", leur a-t-il ensuite asséné avant de considérer que la majorité et le PTB vivaient "sur des planètes différentes. Les polémiques politiciennes sont indignes dans les circonstances actuelles". Elio Di Rupo s’est ensuite calmé, a conclu et est allé se rasseoir à sa place.

Après Elio Di Rupo, c’était au tour de la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale (PS), de venir à la tribune répondre aux attaques de l’opposition. La jeune ministre saisie par la crise en mars 2020 alors qu’elle était encore en train de prendre ses marques a désormais pris une réelle envergure politique. Il n’empêche, la fatigue accumulée depuis un an, les attaques lancées par l’opposition PTB-CDH et peut-être les bêtises que l’on peut parfois lire sur les réseaux sociaux ont failli avoir raison de la ministre. Retenant par deux fois ses larmes, elle a défendu les équipes qui travaillent dans la cellule vaccination, au niveau des call centers mais aussi ceux qui vont sur le terrain pour le tracing. "Je vous trouve tranchant et humiliant par rapport à ces travailleurs." Elle ne craqua finalement pas et pu, elle aussi, aller se rasseoir forte d’un sentiment de devoir accompli. Vint ensuite le tour de Willy Borsus (MR), ministre wallon de l’Économie, dont l’intervention teintée de son pragmatisme habituel mit fin à cette séquence émotion qui rappelait aussi que les élus sont des hommes et des femmes comme les autres et que cette crise devient longue pour tout le monde.