Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer, de tweeter… d’"instagrammer". Rajae Maouane devrait-elle y songer ? Force est en tout cas d’observer que la coprésidente d’Écolo multiplie les couacs communicationnels ces derniers jours, et ce sur des sujets on ne peut plus délicats : le port du voile dans l’administration publique bruxelloise la semaine dernière, le conflit israélo-palestinien ce mardi. Lisez plutôt.

La publication critiquée

La jeune écologiste a posté une photo sur son réseau Instagram en tant que "story", et est donc restée en ligne pendant 24 heures, à un moment où les tensions entre Israël et les Palestiniens étaient très fortes. Elle montre un combattant palestinien lançant une pierre. La photo est accompagnée de la chanson "Wein Al Malayeen" de la chanteuse libanaise Julia Boutros, connue pour être étroitement associée au Hezbollah. Dans cette chanson, elle appelle le peuple arabe à lutter contre "les fils de Sion".

En réaction à cette publication, la Ligue belge contre l’antisémitisme (LBCA) demande la démission de Rajae Maouane et accuse Écolo de promouvoir l’antisémitisme. "Cette incitation au passage à l’acte cautionnée par la co présidente d’Écolo est le point d’orgue d’une tendance antisémite que nous constatons depuis plusieurs années au sein des verts", dénonce la Ligue, qui fait là référence au scrutin électoral de mai 2019, où a été élu un député qui est également à l’origine du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) en Belgique, qui appelle au boycott d’Israël.

Accusée d’antisémitisme

La Ligue belge contre l’antisémitisme accuse Écolo "de promouvoir dans notre pays l’antisémitisme contemporain et son cortège de violences dont il aura à répondre si et quand elles devaient se matérialiser". La Ligue appelle les partis démocratiques à "condamner fermement ces manifestations très dangereuses et potentiellement criminelles d’un parti au pouvoir".

Dans une réponse formulée à l’adresse de la Ligue, Rajae Maouane se dit très choquée d’être accusée d’antisémitisme. "Je suis profondément heurtée que l’on puisse me prêter des intentions antisémites alors que je n’ai eu de cesse, dans mon engagement politique et asso ciatif, de rappro cher les deux communautés. Le respect, le dialogue et la valorisation des cultures sont au cœur de mon engagement politique", déclare-t-elle.

Elle dénonce également une instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme. "Je regrette qu’une lutte aussi importante et d’actualité que celle contre l’antisémitisme puisse être instrumentalisée pour exclure et vilipender ceux qui appellent à la justice et au respect du droit international pour mettre fin à un long conflit", explique-t-elle.

Écolo et le port du foulard

"En accompagnant cette photo d’un court extrait d’une chanson, mon intention n’était nullement de heurter qui que ce soit. Si tel est le cas, je le regrette", conclut-elle.

Les violences de ces derniers jours entre Israéliens et Palestiniens ont également ouvert un débat en Belgique. Plusieurs partis gouvernementaux ont demandé des sanctions contre Israël pour le vol de biens palestiniens. En revanche, Écolo a été vivement critiqué ces derniers mois pour être trop favorable au " communautarisme musulman" , en prônant par exemple l’autorisation du port des signes religieux et convictionnels dans les services publics. On y revient.