Invité de Matin Première, Rik Torfs s'est montré intransigeant sur plusieurs points. A commencer par la position des partis politiques traditionnels par rapport aux nationalistes.

Le sénateur CD&V, qui fut un fervent défenseur de ce système qui consiste à empêcher l'accession au pouvoir du Vlaams Belang, a admis s'être "trompé" : "Je crois que le cordon sanitaire doit être au fur et à mesure oublié parce que cela stigmatise une grande partie de la population flamande. On en voit aujourd'hui les conséquences négatives", à savoir l’ascension du leader de la N-VA : "Sans le cordon sanitaire, Bart De Wever n'aurait jamais été là", a-t-il asséné sur les ondes de la radio publique.

Des résultats dont sont responsables les partis traditionnels. Ces derniers ont, selon le chrétien démocrate flamand, "créé la frustration des nationalistes en général en Flandre" en même temps qu'ils ont manqué d'organisation en conservant le statut quo.

Pour autant, il a tenu à préciser qu'il n'était pas favorable à une collaboration avec le Vlaams Belang.

Le débat sur l'attitude des partis démocratiques flamands vis-à-vis du Vlaams Belang est revenu au devant de l'actualité après les négociations difficiles pour la formation d'une majorité dans la commune de Denderleeuw. Dans cette commune, le Vlaams Belang, qui dispose de trois élus, se retrouve en position d'arbitre car aucune issue n'a été trouvée à l'affrontement entre deux blocs rivaux, sp.a/Open Vld Plus et CD&V/N-VA.

Il s'est par ailleurs longuement exprimé sur le discours du Roi, estimant que le souverain avait eu des mots "déséquilibrés". Il a jugé ce discours "inquiétant" puisqu'il refléterait un manque de conscience de ce que sont et veulent les Flamands. "Suggérer que les Flamands sont nazis, c'est comme dire que les Francophones sont paresseux", a argumenté Rik Torfs. Il a souligné qu'il n'aurait pas fallu donner cette importance à Bart De Wever, cela ne faisant que le renforcer face à des partis traditionnels ayant montré des signes de faiblesse.