Une Belgique avec deux grandes entités (la Flandre et la Wallonie) et deux sous-entités (Bruxelles et la partie germanophone), c’est en substance le modèle institutionnel qu’a défendu ce mercredi à l’Université de Gand la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V). Des propos rapportés par l'agence de presse Belga, tenus par celle qui est aussi en charge, avec David Clarinval (MR), des Réformes institutionnelles et du Renouveau démocratique.

Sans surprise, le ministre-Président de la Région bruxelloise, Rudi Vervoort (PS), voit cette proposition d'un œil inquiet. "C'est un marché de dupes où Bruxelles se retrouve au milieu du jeu de quilles. Chacun, régionalistes et communautaristes, vient avec sa partition. En réalité, les choses sont claires : les Flamands négocient deux Communautés et les francophones imaginent négocier quatre Régions. Pour moi, le modèle à quatre régions n'a de sens que si tout le monde entre dans ce schéma-là".

Et le même de toucher la corde sensible : "Autrement dit, cela impliquerait que la Flandre abandonne tout ce qu'elle organise à Bruxelles, en ce compris en termes d'enseignement et de culture. Et à mon sens, elle ne fera jamais cela ! Bruxelles reste pour les néerlandophones, malgré tout ce qu'ils peuvent raconter, un enjeu majeur. Et ce n'est pas pour rien qu'ils continuent à investir massivement dans l'enseignement à Bruxelles. On connaît le statut bilingue de la Région-Capitale. On a construit un modèle hybride qui est une espèce de mélange et d'équilibre entre d'une part une aspiration régionaliste, et d'autre part une aspiration communautariste", réagit-il.