Après la mission des informateurs Didier Reynders et Johan Vande Lanotte, place aux préformateurs Rudy Demotte (PS) et Geert Bourgeois (N-VA). Comme La Libre l’avait révélé, le Roi a chargé mardi matin l’ancien ministre-Président socialiste et l’ancien ministre-Président nationaliste de tenter un rapprochement effectif de leurs partis respectifs. Le but reste le même que celui des informateurs royaux : réchauffer suffisamment l’atmosphère entre le PS et la N-VA afin de pouvoir négocier un accord de gouvernement à six (MR, Open VLD, PS, SP.A, CD&V et N-VA).

On saura dans les prochaines semaines si une telle alliance est possible ou s’il faut passer au plan B. Jusqu’à présent, aucune réelle négociation n’a été entamée au fédéral car le monde politique attendait que les gouvernements des entités fédérées soient formés. C’est désormais le cas. Toute l’attention des présidents de parti pourra être consacrée au niveau de pouvoir fédéral. Et cela sera nécessaire…

De l’aveu même des nouveaux préformateurs, le ciel politique belge semble chargé. "Nous marchons très clairement dans un champ de mines, mais nous avons l’intention de jouer notre rôle, c’est-à-dire de regarder comment passer à travers ces obstacles et voir si, pour ce pays, il y a possibilité de mettre sur pied les conditions nécessaires à la formation d’un gouvernement", a résumé Rudy Demotte face aux journalistes après son audience au Palais.

Un rapport au souverain est fixé à la date du 4 novembre, ce qui laisse moins d’un mois au duo pour tenter de rapprocher deux formations aux positions diamétralement opposées sur bon nombre de dossiers. "Il y a beaucoup de problèmes (entre le PS et la N-VA) : budgétaires, sociaux, la migration, la sécurité, le communautaire, le niveau de pouvoir européen", a énuméré Geert Bourgeois. Toutefois, les préformateurs considèrent que leur tâche n’est pas impossible. Dans un clin d’œil à une image utilisée la veille par Johan Vande Lanotte lors de la conférence de presse de fin de la mission d’information, Geert Bourgeois a refusé tout discours clivant, précisant : "Je ne vois pas de crocodile de l’autre côté de la frontière linguistique… La question est : est-ce qu’on veut sauter dans l’eau et nager dans la même direction ?"

Un choix idéal

En tout cas, le choix du Roi est particulièrement judicieux. Les personnalités de Rudy Demotte et Geert Bourgeois et leur parcours politique les placent au-dessus de la mêlée. Des qualités bien utiles vu les défis à relever… Par ailleurs, le socialiste francophone et le nationaliste flamand devraient constituer un bon tandem car ils se connaissent depuis des années et s’apprécient. "La question personnelle peut aider dans un contexte où les préjugés peuvent parfois peser très lourd", a commenté Rudy Demotte.