"Céder à de telles actions donne le message à toute personne qui reçoit l'ordre de quitter le territoire qu'elle ne doit pas y donner suite et qu'il lui suffit d'attendre assez longtemps en séjour irrégulier", a affirmé M. Mahdi (CD&V) dans un communiqué.

"La réponse à une régularisation ne sera jamais positive pour tout le monde et elle sera toujours difficile pour ceux dont la demande est déboutée. Je veux soutenir les personnes qui reçoivent une réponse négative et travailler sur leur avenir dans leur pays d'origine", a-t-il ajouté.

La grève de la faim a commencé le 23 mai. Aux 140 personnes du site de l'ULB s'ajoutent 76 autres dans le réfectoire de la VUB et près de 250 à l'église du Béguinage.

"C'est dangereux pour leur santé et cela peut avoir de graves conséquences à long terme. Je continue donc à les exhorter à cesser leur grève de la faim. Cela n'aidera pas leur situation concrète", selon Sammy Mahdi, qui dit rester ouvert au dialogue.

Mais à ses yeux, "la régularisation est une procédure d'exception et doit le rester". Il insiste sur la nécessité de traiter individuellement chaque dossier "car chaque situation est différente". "La décision de s'écarter collectivement des règles et d'accorder des papiers à des personnes qui séjournent ici irrégulièrement depuis des années équivaut à une érosion collective du droit à la protection internationale et des canaux de migration légale existants."

Le secrétaire d'État dit comprendre "la frustration de nombreux sans-papiers qui estiment que le traitement de leurs demandes individuelles de régularisation prend beaucoup trop de temps". Il prône un raccourcissement du traitement des dossiers. "C'est pourquoi ce gouvernement investit dans la politique d'asile et de migration et dans du personnel supplémentaire, entre autres à l'Office des étrangers."

À ses yeux, les opérations de régularisation de 2000 et 2009 n'ont pas amélioré la situation sur le terrain. "Tous les dix ans, il y a une nouvelle génération qui est restée ici assez longtemps et qui demande une opération de régularisation. Cela signifie que des personnes peuvent rester ici irrégulièrement pendant très longtemps et ne sont pas suffisamment suivies. L'objectif est de faire mieux dans ce domaine. Une politique basée sur un accompagnement continu, soutenu et rapproché dans laquelle personne n'est laissé à son sort."

Ce lundi, l'occupation des sans-papiers dans le réfectoire de l'ULB sur le campus de La Plaine à Ixelles a été prolongée d'un mois, a annoncé l'université à l'issue d'une réunion avec des représentants des occupants. La rectrice Annemie Schaus a proposé dans l'après-midi au conseil académique une motion de soutien aux revendications des sans-papiers, qui a été approuvée à l'unanimité.