Politique belge

Les négociateurs bruxellois, qui avaient conclu, dans la nuit de mardi à mercredi, un accord de gouvernement sont venus en présenter les grandes lignes, au siège du Parlement bruxellois, mercredi après-midi.

Celui qui, à cet instant, n’était encore que le formateur francophone, le socialiste Rudi Vervoort, a rappelé que les négociations se sont articulées autour de trois axes : l’urgence sociale, l’urgence climatique et la gestion des institutions.

1. Logements sociaux et aides à l’emploi

Sur le plan social, a-t-il expliqué, la Région lutte depuis trente ans contre la dualisation de la société, dont la crise du logement est l’un des principaux ferments. L’accord prévoit donc d’apporter une solution concrète aux 15 000 Bruxellois en attente d’un logement social. Il s’agira de remettre des bâtiments en état, d’en construire de nouveaux et d’en acquérir pour répondre à la demande d’une population bruxelloise formée de 65 % de locataires. Il s’agira aussi de fournir des garanties locatives à ces demandeurs. On se dirige également vers une diminution des droits d’enregistrement et une modernisation des droits de succession

La volonté du futur gouvernement est encore de donner aux Bruxellois un accès plus large à des emplois durables et de qualité, “en privilégiant, comme par le passé, la concertation sociale”, a insisté Rudi Vervoort. L’idée est d’étendre progressivement à toutes les catégories de travailleurs la “garantie emploi jeune” offerte actuellement aux jeunes demandeurs d’emploi et qui consiste à leur assurer de trouver dans l’année un emploi, un stage ou une formation. Elle sera transformée en “garantie solution” (emploi et/ou formation). Au passage, la transition digitale ne sera pas oubliée, ont promis les futurs partenaires. L’indemnité de formation (un euro) sera remplacée par un revenu de formation (quatre euros).

D’après Rudi Vervoort, de nouveaux pôles emploi/formation verront le jour dont un consacré à l’alimentation durable. On promet aussi une révolution dans l’apprentissage des langues.

Le futur gouvernement s’engage à assurer à tous les Bruxellois un accès universel aux soins de santé, notamment par la mise en oeuvre d’un plan social-santé dont la gestion serait essentiellement confiée aux CPAS; la construction de nouvelles écoles; une prise en charge des personnes dépendantes et des familles monoparentales; et un meilleur respect du droit des femmes.

2. Neutralité climatique et zone 30 généralisée

Autre grand axe : la transition écologique. L’objectif de la Région Bruxelles-Capitale est d’aboutir à la neutralité climatique pour 2050. Le gouvernement souhaite y arriver notamment à travers la densification des axes cyclables ou encore un vaste plan d’isolation des logements.

Confirmée, la généralisation du principe de la limite de vitesse à 30km/h dans tous les quartiers, le 50 devenant l’exception.

Le principe est que la voiture devienne un mode accessoire de déplacement et que le Bruxellois pense d’abord et naturellement aux modes alternatifs et aux transports en commun.

A ce titre, l’accord parle bel et bien de l’extension du métro Nord et de la création de nouvelles lignes de trams et de bus. “Cela demande des efforts. Pas seulement du ou de la ministre de l’Environnement, mais de tous les ministres”, a commenté la négociatrice flamande, Elke Van den Brandt (Groen), qui annonce des contrôles policiers pour vérifier que les 30km/h soient bien appliqués. “Il faudra également limiter notre production des déchets”, a-t-elle ajouté.

3. Décumul intégral et participation citoyenne

Le troisième axe porte sur le fonctionnement des institutions. La volonté de l’équipe gouvernementale, a scandé Rudi Vervoort, est de faire émerger un sentiment d’identité commun au sein de la population. Plus concrètement, il s’agira de parvenir à la stabilité budgétaire sans escamoter une ambitieuse politique d’investissements. Il s’agira aussi, comme Olivier Maingain, président de Défi, l’a dit à son tour, de maintenir les classes moyennes en région bruxelloise par des mesures fiscales fortes.

Il s’agira encore d’assurer une participation citoyenne à la gestion de la Région, notamment via l’organisation de conseils des ministres extraordinaires visant des thématiques particulières et auxquels la société civile sera associée.

Le modèle d’organisation des communes, des CPAS et des zones de police sera revisité, à l’occasion d’Etats généraux dès la rentrée. Le décumul intégral entre la fonction de parlementaire bruxellois et celles de bourgmestre et échevin sera imposé.

Une réflexion aura lieu s’agissant de la diminution du nombre d’échevins mais aussi concernant la revalorisation de la fonction et de celle de conseiller communal.

Au chapitre de la prévention et de la sécurité, le Centre de crise sera renforcé, l’attention sera attirée sur le partage des images de vidéoprotection, dans le respect de la vie privée. Enfin, sur le plan culturel, le nouveau gouvernement bruxellois entend formaliser la candidature de Bruxelles au titre de capitale européenne de la culture en 2030.