Jan Jambon est au cœur d'une polémique. En février 2018, Jozef Chovanec, un Slovaque de 38 ans, a perdu la vie après son arrestation à l'aéroport de Charleroi. Il avait été interpellé car il avait refusé de montrer son ticket d'embarquement alors qu'il était à bord de l'appareil. L'affaire, en cours d'instruction depuis deux ans, a rebondi récemment lorsqu'une vidéo de son arrestation musclée a fait surface. Des images très choquantes, sur lesquelles on peut notamment voir une policière faire un salut nazi. Un incident qui aurait été communiqué au cabinet de l'ancien ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, dès juillet 2018. Le ministre a tenté de se dédouaner en affirmant que son cabinet n'avait commis aucune faute dans le traitement de ce dossier et a assuré n'avoir jamais vu les images en question. Néanmoins, des doutes subsistent. Jan Jambon affirme notamment avoir oublié sa brève rencontre avec l'ambassadeur slovaque quelques mois après les événements. Une déclaration qui alimente un peu plus la polémique. Le socialiste flamand Louis Tobback a notamment affirmé qu'à la place du ministre, il démissionnerait.

Lors de son passage sur LN24 ce matin, Sophie Wilmès a été invitée à s'exprimer sur l'affaire. "Ce sont des images extrêmement choquantes. J'ai eu des contacts avec le Premier ministre slovaque, je lui ai assuré que la justice menait une enquête et que les choses seraient faites comme il faut. Comme cela se passe toujours dans un Etat de droit. Maintenant, derrière ça, il y a des questions qui peuvent se poser sur ce qu'il s'est passé exactement... Il faut attendre d'avoir l’ensemble des faits, c'est important. Par contre, ces images sont insoutenables."

La Première ministre semble néanmoins croire en la bonne foi de Jan Jambon. "S'il dit qu'il n'a jamais vu ces images, je n'ai pas de raison de penser qu'il les a vues. Il y a une commission mardi où il va pouvoir expliquer les choses (...) je pense qu'il faut donner ce temps de l'explication pour prendre position. Vous savez, une démission d'un poste que vous avez déjà quitté, c'est particulier... Chacun doit prendre ses responsabilités en fonction de ce qu'il juge devoir faire. Mais il faut toujours ramener un peu de sérénité dans les débats. C'est important, le problème est grave", a-t-elle conclu.