Il a donc été décidé lors de l’assemblée générale de Nethys que Stéphane Moreau, pourtant administrateur-délégué de la société, ne pouvait plus siéger au conseil d’administration. Embêtant pour un administrateur. L’astuce qui sera proposée à moyen terme consistera à transformer le contrat actuel de Stéphane Moreau pour faire de lui un directeur général de Nethys et non plus un administrateur-général. Un nouveau contrat qui permettra de faire baisser la rémunération qu’il perçoit actuellement (un peu moins du million d’euros) et qui avait fait scandale à l’époque de la Commission d’enquête Publifin/Nethys. Le montant qu’il percevra devrait tourner autour des 245 000 euros annuels. Le montant maximum autorisé pour le dirigeant d’un organisme public en Wallonie.

Par cette manœuvre les présidents du MR, Olivier Chastel et du PS, Elio Di Rupo tiennent parole. Stéphane Moreau ne siège plus comme administrateur. Par contre, il reste, pour l’heure, aux commandes opérationnelles de la société.

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La grande cacophonie du PS, du MR et du CDH autour du cas “Moreau”

Mardi sur le coup de 17 h, une réunion regroupe Jean-Claude Marcourt, chef de file des socialistes de la province de Liège, son homologue, MR, Daniel Bacquelaine, Muriel Gerkens coprésidente d’Ecolo pour la province de Liège et un représentant d’Alda Greoli qui a annoncé qu’elle était joignable par téléphone. Il s’agit pour les quatre fédérations de régler la question de l’avenir du conseil d’administration de Nethys. C’est sur l’impulsion de Muriel Gerkens que la réunion est convoquée. Chez les Verts on précise d’entrée de jeu que l’on est d’accord d’intégrer le conseil d’administration de Nethys mais qu’il est d’abord nécessaire de mettre au point un agenda.

La première étape consiste donc à renouveler le conseil d’administration dans son entièreté, le mercredi 18 octobre “conformément à la recommandation de la commission d’enquête”, précisera Muriel Gerkens. Pour Ecolo, comme pour les autres, il s’agira de nommer sept administrateurs-experts (trois PS, deux MR, un CDH et un Ecolo) qui ne sont pas des anciens administrateurs de Nethys. Jusque-là, tout le monde est d’accord. Mais la discussion dérape une première fois lorsqu’écolo souhaite s’assurer que les administrateurs indépendants actuels (Pierre Meyers, Philippe Delaunois et François Fornieri) ne seront pas non plus reconduits et qu’ils seront remplacés par d’autres. Ces administrateurs indépendants doivent, selon Ecolo faire l’objet d’un consensus entre les quatre fédérations. Pour le PS, le MR et le CDH, par contre, les trois administrateurs indépendants actuels doivent rester pour procéder à la transition. Premier blocage. D’autant qu’Ecolo souhaite que les membres du management ne soient pas administrateurs -Stéphane Moreau le CEO de Nethys est également administrateur-délégué. Ils pourraient seulement y être invités.

L’avenir des activités de Nethys

Vient ensuite la question du remplacement du management de Nethys. Ecolo souhaitait que les quatre fédérations s’accordent sur un agenda qui déterminerait quand le comité de direction serait remplacé “comme le recommande la commission d’enquête”, avance une nouvelle fois Muriel Gerkens. Deuxième blocage. PS, MR et CDH refusent de se prononcer sur un agenda qui évoquerait aussi la réorganisation du groupe Publifin/Nethys. Quelles activités conservées ? Comment séparer Resa de Nethys ? Comment supprimer Finanpart ?, Etc....

Ecolo, face à ces différents refus, estime que sa place ne peut pas être dans le conseil d’administration de Nethys. Ils n’ont pas reçu les assurances nécessaires. L’information se répand rapidement via les réseaux sociaux.

Mercredi matin, la ministre wallonne des pouvoirs locaux, Valérie De Bue (MR) est l’invitée de l’interview matinale sur La Première (radio). Elle est évidemment interrogée sur sa volonté de voir Stéphane Moreau quitter Nethys, comme elle l’avait affirmé virilement deux semaines auparavant. Mais cette fois, on sent la ministre wallonne mal à l’aise. Elle considère que cette décision relève de Stéphane Moreau, lui-même. Elle avance aussi qu’actuellement le gouvernement wallon n’est pas en capacité de l’écarter.

Peu de temps après, le député wallon CDH, Dimitri Fourny (ancien membre de la commission d’enquête) envoie un communiqué de presse. Il réaffirme sa volonté de voir Stéphane Moreau quitter complètement Nethys et reproche à Ecolo “la politique de la chaise vide”. Peu après, c’est au tour d’Olivier Chastel (MR) de sortir un communiqué. Il annonce que Moreau ne doit plus siéger au conseil d’administration. Di Rupo, sur Twitter, dira la même chose. Et toute l’ambiguïté est là. Le PS et le MR ne ciblent que le rôle d’administrateur-délégué de Stéphane Moreau et pas son rôle exécutif. Olivier Chastel l’évoquera mais seulement “à titre personnel”. Le Président du MR ne dit donc pas la même chose que la ministre De Bue, pourtant issue du même parti.

A 17 h, l’assemblée générale de Nethys commence. Paul-Emile Mottard (PS), président des CA de Publifin et de Finanpart a reçu le mandat nécessaire pour installer un nouveau conseil d’administration.