Le Bureau du PS s'est penché, lundi matin, sur la question des signes convictionnels dans la fonction publique, un débat virulent revenu sur le devant de la scène ces dernières semaines. Au terme des discussions, les socialistes francophones se sont finalement prononcés pour l'interdiction de ces signes pour le personnel qui exerce une fonction d'autorité tout en étant en contact visuel avec le public.

Interrogé sur ce point, le président des libéraux flamands a d'abord commenté la position de son parti frère francophone. Le MR se montre favorable à une interdiction stricte des signes convictionnels. "Le MR est clairement sur la ligne inspirée par la France", a estimé M. Lachaert. "Notre parti estime que la neutralité des autorités publiques est très important. Mais il faut aussi garder la perspective que le monde a changé. Il y a des gens qui portent un signe convictionnel, non pas à cause d'une soumission, mais comme choix volontaire. Et il faut trouver un compromis entre les deux. Mon parti est plutôt sur la ligne de la Ville d'Anvers ou de la Région flamande. Quand on exerce l'autorité publique, ou si on est en contact avec le public, l'administration doit être neutre. Mais si on est en "back office", il y a une ouverture. En Flandre, la plupart des partis, y compris la N-VA, sont sur cette même ligne un peu moins stricte. Il y a un peu plus de nuances en Flandre", a-t-il expliqué.

Egbert Lachaert est aussi revenu sur le dossier spécifique de la Stib. Le gouvernement bruxellois est amené malgré lui à se pencher sur la question de savoir si la société de transports publics de la capitale doit aller en appel du jugement du tribunal du travail la condamnant pour discrimination à l'embauche à l'égard d'une femme portant le voile. Le gouvernement a été saisi du dossier par son commissaire Open Vld après un vote étriqué en comité de gestion. Celui-ci avait décidé de ne pas faire appel de cette décision judiciaire.

"Sur le dossier de la Stib, ce n'est pas seulement le cas d'une femme qui veut porter le voile. Il y a aussi des hommes qui veulent exercer leur religion sur leur lieu de travail. Il y a là un contexte spécifique où on doit se demander si la religion y a sa place", a commenté Egbert Lachaert, ajoutant qu'il était favorable à ce que "toutes les organisations gardent un peu de liberté pour organiser les choses".