La position exprimée par Vincent De Wolf vendredi était impossible à tenir. Contrairement à ce qu’avait affirmé le chef de file MR dans la capitale, les élus libéraux ont donc fait une courbe rentrante en soutenant finalement le gouvernement bruxellois dans ses initiatives de lutte contre les nuisances sonores générées par l’aéroport de Zaventem. Ce week-end, le MR bruxellois était assailli de mails incendiaires et de communiqués de presse assassins émanant d’habitants et d’associations contestant la ligne du parti dans cet inextricable dossier. "On ne comprend pas du tout pourquoi il a dit cela", souffle-t-on chez les réformateurs bruxellois au sujet d’un Vincent De Wolf apparemment déshabillé par ses pairs.

Rappel : la semaine dernière, Céline Fremault (CDH), ministre bruxelloise de l’Environnement, jetait un pavé dans la mare en annonçant trois procédures en cessation environnementale contre la gestion fédérale du dossier, repris par le libéral François Bellot à la suite de la démission de Jacqueline Galant. Des actions qui s’ajoutaient à celle des communes flamandes de la périphérie nord.

L’exécutif régional passe à l’acte car à ce jour, aucune mesure forte n’a été prise pour soulager les Bruxellois survolés. "Il s’agit d’une rupture de dialogue et de concertation", avait toutefois dénoncé Vincent De Wolf, chef de file régional MR et bourgmestre d’Etterbeek. Il refusait alors publiquement de soutenir, comme une majorité de communes bruxelloises l’avaient fait, l’action en cessation de la Région bruxelloise. Comment les mandataires réformateurs allaient-ils défendre pareille ligne auprès de leurs électeurs, parfois durement impactés par l’aéroport ? En voulant protéger son ministre fédéral, le mayeur etterbeekois offrait du pain bénit aux autres partis qui ne se privent pas de dénoncer la "schizophrénie" du MR.

La méthode Fremault contestée

Lundi, le MR a réuni et le ministre Bellot et les bourgmestres ou chefs de file locaux Bruxelles pour dégager une position définitive. Et consensuelle. "Les élus MR contestent la méthode de la ministre Fremault mais soutiendront l’intervention aux actions en cessation environnementale, qui concernent des routes mises en place par des gouvernements précédents, indique finalement le MR . Ils attendent surtout de la Région bruxelloise qu’elle revienne à une attitude loyale et conforme à l’intérêt régional afin de poursuivre le dialogue avec le gouvernement fédéral et son ministre de la Mobilité".

François Bellot a expliqué sa surprise de voir la Région bruxelloise sortir l’artillerie lourde alors qu’à son arrivée, il avait rencontré la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault (CDH) et le ministre-Président Rudi Vervoort (PS) dans un esprit de concertation. Un esprit qu’aurait cassé Céline Fremault, selon le MR. "Pour qu’une concertation soit cassée, il faut d’abord qu’elle démarre et produise des effets concrets, réagissait la ministre. Mais je prends acte avec satisfaction de la décision des bourgmestres MR de soutenir les actions en cessation de la Région. C’est une sage décision."