La décision est tombée ce vendredi en début d'après-midi: Muriel Targnion et son échevin Alexandre Loffet ont gagné leur recours devant le Conseil d'Etat. Elle redevient donc bourgmestre de Verviers. Un rebondissement unique dans les annales politiques belges.

Le Conseil d’État a rendu son arrêt ce vendredi concernant la motion mixte utilisée par la nouvelle majorité pour destituer Muriel Targnion. Une motion qu’il suspend. Muriel Targnion redevient donc bourgmestre de Verviers, provisoirement, avec son ancien collège. La nouvelle majorité de Jean-François Istasse est à terre.

Le Conseil d’Etat a jugé que "certaines dispositions du Code wallon de la Démocratie locale et de la Décentralisation n’avaient pas été mises en oeuvre correctement, notamment pour la motion de méfiance individuelle dirigée contre l’échevine Sophie Lambert".

Le Conseil d'Etat devra ensuite statuer sur le fond de cette motion, quant à son annulation ou non, ce qui devrait prendre plusieurs mois au moins.

Pour rappel, Jean Bourtembourg, avocat de Muriel Targnion, a plaidé lundi devant le Conseil d'Etat dans la procédure via laquelle il a contesté la procédure utilisée par la nouvelle majorité politique verviétoise pour évincer l'ancienne bourgmestre et son premier échevin Alexandre Loffet. Il a réussi à convaincre le premier auditeur Jean-François Norray, qui a rendu un avis favorable à l'issue de la plaidoirie, affirmant que la motion mixte utilisée contourne le Code de la démocratie locale.

Muriel Targnion, évincée du PS, avait en effet décidé de déposer un recours en extrême urgence au Conseil d'Etat le vendredi 25 septembre dernier à la suite du vote de la motion de méfiance mixte visant à l'évincer et installer le nouveau collège par une série de motions de méfiance (collective et individuelles), qui viennent "contourner la loi de la démocratie locale", justifiait-elle. Elle obtient donc gain de cause. Elle laisse une journée à Jean-François Istasse pour quitter le bureau mayorale.