Ce jeudi matin, aux environs de 5h45, Charles Michel a récidivé. Comme lors des négociations avec la Grèce, il a suffi d'un "agreement" posté sur Twitter pour faire comprendre qu'un accord avait été trouvé sur l'ajustement budgétaire 2015, le budget 2016 et le virage fiscal, le fameux "tax shift".

Les détails du virage fiscal de 7,2 milliards

Le Premier ministre promet une hausse de 100 euros par mois dès 2016 pour les bas et moyens salaires. Comment parvenir à ce montant ? "Nous ne décidons pas encore ici quelles seront les mesures techniques pour atteindre ce montant" déclare le Premier ministre, qui précise toutefois que "les moyens financiers sont là" pour son gouvernement qui a "trois priorités : les jobs, les jobs et les jobs".

Le gouvernement veut aussi favoriser la compétitivité des entreprises et supprimer l'écart salarial avec les pays voisins, a-t-on indiqué. Conformément à l'accord de gouvernement, les cotisations sociales sur les salaires devront baisser de 33% à 25%. Une somme de 430 millions d'euros sera en outre affectée au développement des petites et moyennes entreprises. "Un engagement historique" affirme Charles Michel. "La mesure-phare de ce virage fiscal pour relancer l'emploi", précise le ministre des Finances Johan Van Overtveldt. Et Jan Jambon d'ajouter : "C'est un énorme boost, principalement pour les PME, car la Belgique est un pays de PME."

Un boost qui devra s'effectuer l'année prochaine : "2016, ce sera l'année du boost" affirme Alexander De Croo, qui évoque "1,85 milliards d'euros pour la compétitivité et le pouvoir d'achat" en douze mois. Le souhait du vice-Premier ministre de l'Open VLD, c'est que "la différence de revenus entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas soit plus importante."

Le précompte mobilier passera de 25 à 27% sur tous les produits financiers, sauf ceux du carnet d'épargne. "Cette augmentation ne s'appliquera évidemment pas aux PME" a tenu à préciser Didier Reynders, nuançant les propos du ministre des Finances.

En prenant en compte les 2 milliards d'euros déjà réalisés au début de la législature, le virage fiscal représentera en vitesse de croisière une somme de 7,2 milliards d'ici 2018. Sur l'ensemble de la législature, la pression fiscale globale aura diminué en faveur de l'économie réelle, a-t-on assuré. "Le tax shift sera un tax cut. La réduction d'impôts promise arrive" a claironné le ministre des Finances Johan Van Overtveldt sur son compte Twitter.

Comme pressenti, la TVA sur l'électricité remontera à 21%. Le coût de la diminution à 6% décidée par le gouvernement précédent en faveur des ménages s'élève jusqu'à présent à 500 millions d'euros et des failles dans la législation permettent à certains professionnels de bénéficier du taux réduit. Il n'y aurait pas d'autre augmentation de la TVA.

Le produit de la taxe "Caïman" sur les constructions juridiques à l'étranger sera revu à la hausse, un nouveau régime s'appliquera aux sociétés immobilières, une taxe sur la spéculation visant les actions détenues moins de six mois sera prélevée et une harmonisation du précompte mobilier sur les droits d'auteur est prévue.

Les accises sur le diesel, l'alcool et le tabac seront augmentées pour favoriser des comportements plus écologiques et plus sains.


Economies

L'assainissement budgétaire se déroule quant à lui par le biais d'économies. Un fonctionnement "plus efficace" de l'État devrait rapporter 700 millions d'euros, a-t-on indiqué sans donner d'autres détails. Il est aussi question de 100 millions d'euros économisés par le biais des mutualités, de mesures en matière de chômage, d'un démantèlement accru du régime des prépensions et d'une activation des prépensionnés qui devraient rapporter respectivement 20 millions et 45 millions.

Le gouvernement découpe le virage fiscal en quatre morceaux: 18% venant d'un fonctionnement plus efficace de l'État, 37% reposant sur des revenus qui ne sont pas liés au travail, 17% venant de la consommation et 27% de l'éco-fiscalité.

"L'objectif est d'atteindre l'équilibre budgétaire à l'horizon 2018, tout en libérant plus de sept milliards à injecter dans l'économie réelle" a conclu Charles Michel.


La ligne du temps de la Suédoise