Alors que le MR se cherche un nouveau président, une quarantaine d'élus locaux du parti libéral francophone plaidaient ce lundi dans une carte blanche publiée dans La Libre pour un "nouveau projet politique progressiste". Une sortie saluée par l'un des candidats à la présidence du parti, Georges-Louis Bouchez, dans un tweet, les félicitant "d'aborder ce débat de fond". Ces propos ne semblaient pourtant pas refléter tout à fait le fond de la pensée du Montois. En effet, un message envoyé quelques minutes avant la publication du libéral porte à confusion.

Dans une discussion Whatsapp réunissant tous les élus de Mons en Mieux!, Georges-Louis Bouchez s'attaque directement à une des signataires de la carte blanche,Aurélie Dufour, prenant tous les autres membres à témoin. "Connaissant ma position, quand tu fais une carte blanche sur l'avenir de la présidence du MR, tu pourrais peut-être juste me prévenir, non?, l'interroge le candidat à la présidence du MR avant de poursuivre. Pas que je sois contre le contenu mais ne me fais pas croire qu'en cosignant avec Hocquet par exemple, tu penses que cette initiative soit neutre... Après, si tu veux que la présidence du MR aille à Liège, c'est ton droit mais je suis alors tout autant en droit à m'interroger sur ta loyauté et le sens de te confier des mandats en notre nom".

Dans ce même échange sur Whatsapp, le Montois a ensuite adouci son propos : "Je suis pour la liberté la plus grande. Juste que j'aurais aimé être informé de l'initiative car en ce moment on marche sur des oeufs et par ailleurs, chaque matin à son lot de surprises... Ce n'est pas un drame non plus".

Mais le premier message a malgré tout été divulgué publiquement sur les réseaux sociaux par le Liégeois Louis Maraite (MR), suscitant de nombreuses réactions.

Le député libéral wallon Nicolas Tzanetatos s'est particulièrement étonné du double discours tenu par Georges-Louis Bouchez. "Je suis scandalisé par rapport à de tels propos à contre-courant de l'essence du libéralisme, regrette-t-il auprès de La Libre. Museler un membre du parti à des fins personnelles, cela m'étonne de la part d'un candidat à la présidence du MR".

Pour l'élu wallon, le temps est à l'action, la formation libérale étant à un moment charnière. "À l'approche des élections, chaque membre devrait pouvoir s'exprimer sur l'avenir du parti, constate Nicolas Tzanetatos. Beaucoup d'initiatives émergent et doivent être les bienvenues. C'est la base du libéralisme qui doit être en constante évolution". Le député wallon condamne donc fermement ces propos quant à la "loyauté", faisant référence selon lui à une forme de mandat "inféodé" qui n'a pas lieu d'être.

"L'homme à abattre"

Du côté de Georges-Louis Bouchez, l'incompréhension règne quant à cette polémique naissante. "Il n'y a pas eu de menace, j'ai juste demandé à ce qu'au sein d'un groupe soit respecté un certain ordre et qu'on me prévienne en cas de telle sortie, se justifie le sénateur libéral. On fait confiance à une élue, on lui confie des responsabilités et, en retour, elle doit se montrer loyale".

Pour le chef de file de Mons en mieux!, il s'agit clairement d'une attaque envers sa personne avant tout. "Je suis l'homme à abattre, décrète-t-il. Nicolas Tzanetatos agit en service commandé pour Denis Ducarme, grâce à qui il est parlementaire wallon".

Il se murmure en effet que Nicolas Tzanetatos serait proche de Denis Ducarme, qui, comme Georges-Louis Bouchez, aspire à succéder à Charles Michel à la tête du MR. Le député se défend toutefois que sa sortie soit liée à une quelconque affinité. "Si Ducarme, Bacquelaine ou Goffin avaient tenu de tels propos, j'aurais réagi de la même façon", s'explique-t-il.

Suite à la publication de cet article, nous avons été contactés par Aurélie Dufour, signataire de la carte blanche à laquelle Georges-Louis Bouchez s'est adressée dans ses messages. Cette dernière regrette que des conversations privées soient "instrumentalisées et sorties de leur contexte". "Pour moi et pour Georges-Louis Bouchez, l’échange privé est clôt, déclare-t-elle. Il n'y a eu ni menace, ni tentative de muselage. Il n'y a pas de problème entre nous. Il a juste fait part de son envie d’être informé compte tenu d’un contexte compliqué". Toujours selon la libérale, le groupe Mons en Mieux! est totalement uni. "De telles manipulations externes sont inacceptables", conclut-elle.