Le missionnaire royal, Egbert Lachaert (Open Vld), rencontre le roi ce vendredi pour son rapport intermédiaire et lui faire part de l'orientation que prendra la suite de sa mission, avec probablement, le nom des partis qui formeront la coalition. Le président de l’Open Vld a repris le flambeau après l’échec du duo Paul Magnette/Bart De Wever.

Résultat : la formule Vivaldi (PS-sp.a-MR-Open VLD-Ecolo-Groen-CD&V, mais sans la N-VA) est revenue sur la table et constitue, selon plusieurs sources, une piste très sérieuse. Son aboutissement dépendra du choix du CD&V, lequel pour l’instant temporise et ne dit ni oui ni non. Du côté de la N-VA, on met la pression sur le parti de Joachim Coens et de l’Open Vld. “Je pense que c’est une idée très imprudente de passer à l’arc-en-ciel (Ndlr:libéraux, socialistes et verts) avec une minorité flamande”, a déclaré Theo Francken dans de Ochtend, sur Radio 1, sortant de plusieurs semaines très discrètes sur le plan médiatique dans son expression quant à la formation du gouvernement. Signe que l'inquiétude grandit à la N-VA...

Theo Francken a également évoqué une déclaration de Lachaert datant d’octobre de l’année dernière. Le président des libéraux flamands estimait alors que les chances d’un gouvernement arc-en-ciel étaient faibles. “Lachaert a déclaré qu’Ecolo devait brûler rituellement son programme avant de rejoindre un gouvernement avec lui. Pour autant que je sache, Ecolo n’a pas brûlé son programme”, a ajouté Theo Francken. “Si les libéraux écoutent attentivement leurs partisans, ils feraient mieux de choisir une coalition avec une majorité en Flandre. C’est mieux pour l’économie flamande. Sinon, vous prenez d’énormes risques.”

L’ex-Secrétaire d’État à la Migration n’a pas exclu qu’un éventuel gouvernement arc-en-ciel puisse avoir des conséquences pour le gouvernement flamand, dans lequel la N-VA forme une coalition avec le CD&V et l'Open VLD. Certains, en effet, évoquent la possibilité de voir le CD&V éjecté du gouvernement flamand au profit du SP.A. “Nous allons attendre et voir. Aucune formation (de gouvernement) n’a encore commencé, mais je m’opposerai fermement à un gouvernement arc-en-ciel.”

Sur Twitter, Theo Francken a ensuite tweeté le résumé de son intervention, assorti de ce commentaire : “L’arc-en-ciel, c’est jaune-noir en 2024.

Une manière de dire, en référence au jaune de la N-VA et au noir du Vlaams Belang, qu’une coalition minoritaire en Flandre au Fédéral conduirait à une victoire, voire à une alliance des partis de Bart De Wever et Tom Van Grieken aux prochaines élections.

Des propos qui ont fait bondir Gwendolyn Rutten, ex-présidente de l’Open Vld. “Menacer avec un régime d’extrême droite parce que vous n’aimez pas une éventuelle coalition ?”, s’est-elle insurgée sur Twitter. “La dernière fois, il y avait une Suédoise dans l’exécutif flamand et au fédéral, et pourtant, après cette coalition – avec une majorité flamande – la N-VA a voulu s’associer au Vlaams Belang. Apparemment, ce n’est que l’intention que pour 2024 ?”, a-t-elle encore ironisé.


Pour rappel, la N-VA et le Vlaams Belang avaient longuement négocié l'été dernier pour former ensemble un gouvernement flamand, sans aboutir.