Dans un message publié sur son blog le 31 décembre dernier, Theo Francken (N-VA) s'est dit "choqué" par les 20.000 € de subventions octroyés par le gouvernement fédéral au Collectif contre l'Islamophobie en Belgique (CCIB). Le député en a demandé la suspension temporaire en attendant qu'une enquête plus approfondie soit menée et que la Sûreté de l'État ait remis un avis.

En effet, selon le nationaliste flamand, le CCIB n'est autre que le pendant belge du CCIF, le Collectif Contre l'Islamophobie en France, qui a récemment été contraint d'être dissous suite à l'assassinat du professeur Samuel Paty. L'organisation a en effet été accusée de "propagande islamiste" et de prôner des valeurs contraires à celles de la République française, et a par conséquent purement et simplement été interdite par le gouvernement français. "Il est incompréhensible qu'il n'y ait aucune consultation avec les collègues français", a écrit le député.

Le CCIB, lui, se défend de tout attachement au CCIF et se déclare indépendant. Un affranchissement auquel refuse de croire Theo Francken, qui prétend que les deux collectifs partagent les mêmes idéaux: "Le CCIB a exactement le même agenda que le CCIF et applique les mêmes tactiques", affirme le député dans son post, qui s'étonne dès lors que le gouvernement fédéral continuer à subventionner une telle organisation.

Et la raison de ce financement prolongé est toute trouvée par le nationaliste flamand: le parti Ecolo, dans la majorité, serait de connivence avec le CCIB. Francken souligne que trois des quatre présidents du CCIB auraient un lien direct avec les Verts : Farida Tahar, sénatrice, Mustapha Chairi, ex-candidat à la ville de Bruxelles et à la Chambre, et Hajib El Hajjaji, conseiller communal à Verviers.

Theo Francken conclut son texte en demandant "de la vigilance face à la menace structurelle et organisée de l'islamisme et de l'islam politique via les Frères musulmans et ses nombreux véhicules et tentacules".

"Un soupçon de connivence absurde"

Des accusations auxquelles a rapidement réagi le cabinet de la secrétaire d'Etat à l'Egalité des chances et à la Diversité, Sarah Schlitz (Ecolo). "Au-delà des insinuations trompeuses, ce soupçon de connivence est absurde. Ce dossier (NDLR: les subventions octroyées au CCIB) a été entièrement préparé par le gouvernement précédent sous la supervision de la ministre Nathalie Muylle (CD&V)", a déclaré la porte-parole, Jessika Soors.