“Je suis déçu, mais fier de ce choix”, c’est ainsi que Theo Francken achève son exposé devant près de 300 sympathisants nationalistes réunis dimanche matin dans son fief de Lubbeek, près de Louvain. Juste avant de signer sa lettre de démission, le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration déclare : “Je suis très déçu, car il y avait encore beaucoup de travail sur le planche et je sais ce qu’il faut faire pour dessiner l’avenir des Flamands. L’impact de l’immigration sur notre manière de vivre en Flandre, c’est l’ADN de notre parti, de mon engagement politique”. La salle se lève et applaudit. 

Theo Francken précise ne pas être opposé à l’immigration, mais indique que la situation actuelle n’est pas tenable, car les arrivées seraient, selon lui, “trop nombreuses et trop rapides”. Face à son parterre de supporters, Francken dénonce deux points du pacte sur les migrations. Son aspect non-contraignant d’abord. “Croyez-en mon expérience à l’Asile, ce texte risque de nous empêcher de mener la politique migratoire que nous estimerions juste et bénéfique pour nous”. Le deuxième reproche concerne la notion de réfugiés climatiques. “C’est quoi ces réfugiés climatiques ? Les victimes d’un tremblement de terre ou d’une tempête ?” se demande-t-il sur un ton sarcastique avant d’avouer ne ressentir “aucune rancune” envers le Premier ministre qui aurait tout fait pour trouver un compromis et une sortie honorable à cette crise. Par contre, il n’a pas de mots suffisamment durs pour dénoncer ses partenaires flamands de l’Open VLD et du CD&V : “Ils n’ont montré que de la haine depuis jeudi. Ils pensent avoir trouvé le bâton idéal pour nous taper dessus.” La star politique de Lubbeek se permet même d’imiter et ridiculiser les ministres Alexander De Croo et Kris Peeters.