L'ancien secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration souligne n'avoir pas été pointé du doigt sur le plan juridique et ajoute que, deux ans après la fin de son mandat gouvernemental, "démissionner est impossible".

"Je lis çà et là que je fuis ma responsabilité politique. Mais je ne l'ai jamais niée", a affirmé l'élu N-VA sur les ondes de La Première (RTBF). "C'est une responsabilité politique. Sur le plan juridique, le juge a dit très clairement que je n'étais pas responsable et que mon cabinet n'était pas engagé dans cette affaire", a-t-il affirmé.

Théo Francken n'était déjà plus au gouvernement quand l'affaire Kucam a éclaté en 2019 dans la presse. Il fait valoir qu'il s'est présenté aux élections alors que les électeurs avaient déjà connaissance de l'affaire Kucam, ce qui ne les a pas empêchés de faire progresser son parti dans sa circonscription du Brabant flamand. "Les citoyens ont donné leur avis", tranche l'élu. Aurait-il démissionné si l'affaire avait éclaté pendant son mandat ministériel ? "Je ne suis plus membre du gouvernement depuis plus de deux ans maintenant, donc démissionner est impossible", a-t-il ajouté sur Twitter.

Pour l'actuel secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), Theo Francken refuse de reconnaître les fautes commises en laissant son cabinet travailler avec des intermédiaires comme M. Kucam. Dans une première réaction mardi, le député N-VA avait en effet soutenu que sa politique était la bonne. Celle-ci a permis, selon lui, "de sauver de nombreux chrétiens de Syrie" des horreurs de l'organisation Etat islamique.

Le tribunal correctionnel d'Anvers a condamné mardi l'ancien conseiller communal malinois Melikan Kucam (N-VA), 46 ans, à huit ans de prison, à une amende de 696.000 euros, ainsi qu'à une privation de ses droits politiques et civils pendant dix ans. Il était poursuivi pour trafic d'êtres humains, corruption passive et association de malfaiteurs. Neuf coaccusés, dont sa femme et son fils, ont été condamnés à quatre ans de prison et de lourdes amendes. Un montant de 522.500 euros, le produit minimal de la fraude pour la famille Kucam, a été confisqué.

Melikan Kucam, qui était toujours au conseil communal de Malines à l'époque, avait été désigné par le cabinet Francken pour dresser des listes de candidats à une opération humanitaire de sauvetage des chrétiens assyriens depuis les zones de guerre en Syrie et en Irak. Le tribunal a estimé qu'il était prouvé qu'il avait abusé de cette position privilégiée pour se faire généreusement payer par ceux qui désiraient obtenir pour une place sur ces listes.