Thierry Bodson occupait la fonction de président ad interim du syndicat socialiste depuis juin et le départ de Robert Vertenueil. Celui-ci avait été poussé dehors par ses instances, après avoir plaidé, en compagnie du président du MR Georges-Louis Bouchez, en faveur d’un "nouveau pacte social", sans avoir de mandat pour le faire.

Réunis jeudi matin sur l’esplanade administrative de la place des congrès à Bruxelles, 400 membres du comité fédéral de la FGTB, disposés de façon à respecter la distanciation sociale, ont approuvé la désignation de Thierry Bodson à la présidence. Son remplaçant au secrétariat général de la FGTB wallonne a également été confirmé : il s’agit de Jean-François Tamellini.

"Vous prendrez des coups"

Dans son discours de prise de fonction, Thierry Bodson, évoquant les négociations pour la mise sur pied d’un gouvernement fédéral, a mis en garde les partis progressistes : "Nous ne voulons pas d’un gouvernement qui ne nous aidera pas à changer de cap. Nous ne voulons pas d'un gouvernement qui vient avec une série de dossiers symboliques à côté de la liste habituelle des horreurs. Et si c’est pour aller dans un gouvernement qui n’enclenche pas ce changement de cap, ça n’en vaut pas la peine. Et si ce gouvernement ne répond pas aux attentes des travailleurs, vous prendrez encore des coups."

"Cela me fait vomir"

Avant lui, le nouveau patron de la FGTB wallonne Jean-François Tamellini avait donné le ton. Évoquant, comme chacun des intervenants, la crise sanitaire actuelle, il a dit son dégoût face à l’hécatombe qui s’est produite dans les maisons de repos : "Quand on parle de bonne gestion de la crise, quand on salue la Première ministre, moi, ça me fait vomir. Il y a des gens qui sont morts dans les maisons de repos, parce qu’il ne fallait pas saturer les soins intensifs, parce que d’autres ont fait des coupes dans les soins de santé."

"Réduction collective du temps de travail"

Alors que « certains – le grand patronat - voudraient qu’on reparte comme avant", Jean-François Tamellini prévient: "la FGTB wallonne va se battre pour un changement de cap radical. Au lieu de viser le profit et la compétitivité, on veut repartir des besoins essentiels de la population : une terre viable et une transition écologique socialement juste ; des soins de santé refinancés ; le logement, la nourriture (celle du corps et celle de l’esprit) ; enfin des revenus décents. La seule solution, c’est la réduction collective du temps de travail avec maintien du salaire, des pensions décentes à 1500 euros net minimum et des services publics de qualité, qui permettent de réduire les inégalités. (...) On a beaucoup applaudi pendant la crise, il est temps de transformer ces applaudissements en poings levés."