L’opposition Ecolo s’est engouffrée dans la brèche. Jeudi, au conseil communal d’Uccle, son chef de file Thibaud Wyngaard a tenté, via une motion, de précipiter la démission du bourgmestre de son siège de député afin qu’il se consacre tout de suite à 100 % au mayorat. 

Ce décumul a été promis par Boris Dilliès (MR) avant l’été, au moment où il fut désigné successeur d’un Armand De Decker démissionné suite à l’affaire du Kazakghate. Depuis lors, un certain flou planait sur la date exacte de la démission du mayeur ucclois. Jeudi soir, Boris Dilliès a confirmé qu’il ne serait plus député bruxellois à partir du mois de janvier.

La motion des verts fut déclarée irrecevable par la majorité MR-Défi-CDH. A une abstention notoire près, celle de l’échevin MR Marc Cools dont “La Libre” a annoncé la probable liste dissidente pour les élections communales d’octobre 2018. Pour justifier cette initiative, le candidat malheureux à la succession d’Armand De Decker et à la tête de liste MR, invoquait notamment le cumul de son collègue Dilliès. Contacté, il précise que sa volonté de faire sa liste demeure intacte. Il attend de voir et évoque aujourd’hui des convergences nécessaires sur le programme pour qu’il rentre dans les rangs du MR. Également contacté, le parti précise qu’à ce stade aucune procédure d’exclusion n’est enclenchée mais que ses statuts sont aussi limpides que logiques : “un membre qui se présente sur une liste concurrente à une liste MR est exclu”.

Un autre liste surprise ?

Ces tensions internes sont exacerbées par le fait que Marc Cools n’a pas signé l’acte de candidature de Boris Dilliès comme bourgmestre. L’échevin précise à “La Libre” que ce document “ne lui a jamais été présenté” et qu’il était parti en vacances au moment de signer. Des mails démontrent cependant que Marc Cools aurait parfaitement pu signer le document début juillet comme il l’avait d’ailleurs promis durant la campagne interne.

A ce micmac, ajoutons l’inconnue “Stéphane de Lobkovicz”, un CDH écarté au plan local par la ministre bruxelloise Céline Fremault. Il est bien connu à Uccle et se réclame de la droite conservatrice. “Il est trop tôt, je n’exclus rien, ni de faire ma liste, ni de figurer sur celle de Marc Cools… il peut aussi venir sur la mienne”, indique celui qui fut opposé violemment aux libéraux dans les années 2000. La domination historique et la majorité absolue du MR dans la commune de Didier Reynders ne seraient que plus menacées par ce retour.