Après un nouveau Comité de concertation réuni en urgence, il a été décidé hier de fermer les écoles du 29 mars au 2 avril inclus. Cette suspension des cours en présentiel concerne tous les niveaux d'enseignement, à une exception près : les écoles maternelles.

Pierre-Yves Jeholet (MR) s'est expliqué sur les ondes de La Première. Selon le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui a tout d'abord rappelé que l'éducation était une priorité, il ne s'agit pas d'une fermeture à proprement parler "mais d'une temporisation". Des cours à distance seront organisés pour les élèves du à partir de 2e degré du secondaire, dont les modalités seront vues ce jeudi midi lors d'une réunion avec les différents acteurs de l'enseignement.

Selon lui, cette "temporisation" est nécessaire. "Il faut une période courte mais avec des mesures très fortes pour éviter la propagation du virus et la contamination", assure-t-il. Le but reste inchangé : le retour en présentiel le 19 avril, à 100% pour les élèves du secondaire et à 20% dans les universités et les hautes écoles.

La colère des maternelles

Du côté des syndicats enseignants, la décision ne passe pas. "Je ne comprends pas pourquoi le maternel reste ouvert, alors que c’est là qu’il est impossible de respecter les distances sanitaires", a déclaré Roland Lahaye (CSC-Enseignement), tandis que Joseph Thonon, président de la CGSP-Enseignement, qualifie la mesure de scandaleuse.

Face à ces critiques, Pierre-Yves Jeholet se défend. "Nous avons plaidé, le gouvernement Wallonie-Bruxelles dans son ensemble, pour une fermeture de l'ensemble des écoles", explique-t-il. "Hier j'ai expliqué pourquoi il fallait fermer y compris les maternelles". Selon lui, c'est bel et bien la Flandre qui s'est opposée à cela. "C'est un secret de polichinelle. La Flandre s'est opposée à ça puisqu'elle voulait même que les écoles primaires restent ouvertes."

Le ministre-président évoque aussi un "un accord à la belge". "On peut contester l'accord à la belge, mais ça a permis d'avoir un accord global sur les mesures. Ce n'est peut-être pas noble, ce n'est peut-être pas louable, mais ça c'est la réalité politique".

Incompréhension

Pourtant, en Flandre, le ministre de l'Enseignement appelle les parents à ne pas mettre les enfants à l'école, même en maternelle. "Je dois bien vous avouer que c'est l'incompréhension totale de ma part", lance Pierre-Yves Jeholet. "Quand j'explique à trois reprises pourquoi il faut également fermer les écoles maternelles en Comité de concertation, que la Flandre s'y oppose et que le soir, le ministre de l'Education flamand dit aux parents des enfants d'écoles maternelles qu'il ne faut pas mettre les enfants à l'école, je dois bien vous avouer que je ne comprends plus".

Une rencontre est prévue ce jeudi midi avec les acteurs de l'école afin d'aborder plusieurs points. Une fermeture des écoles maternelles est-elle à envisager ? "Nous allons voir les modalités", a confié le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Je peux assumer toutes les mesures du Comité de concertation, mais dès le moment où une communauté met à mal l'une de ces mesures-là, chacun doit prendre ses responsabilités et nous les prendrons", affirme le ministre.