Le ministre de l'Intérieur, Pieter De Crem, a fait saisir la semaine dernière 180.000 tests de diagnostic du coronavirus et un stock de réactifs produits par une société liégeoise - de peur qu'ils partent à l'étranger - alors qu'ils étaient destinés à l'Université de Namur qui développait un dépistage innovant et automatique, rapportent jeudi 'Le Vif' et 'L'Echo' sur leur site internet.

"Précipitation et méconnaissance du produit expliqueraient ce couac du gouvernement", avance le magazine 'Le Vif' qui parle d'un "épisode tenant du gag".

M. De Crem (CD&V) avait annoncé le 19 mars que la police et la Protection civile avaient effectué auprès d'une entreprise wallonne une saisie portant sur 180.000 tests de diagnostic du coronavirus et un stock de réactifs qui pourrait servir à plusieurs centaines de milliers de tests.

"Une situation sans précédent exige des mesures sans précédent. Nous avons, dans l'intérêt du pays et de nos compatriotes, immédiatement agi afin de mettre la main sur ces tests. Nous avons ainsi pu éviter qu'ils soient exportés", avait commenté le ministre.

Or, selon 'Le Vif', ces produits du laboratoire KANEKA Eurogentec, installé à Seraing, étaient destinés à l'Université de Namur et plus particulièrement à l'équipe des virologues dirigée par le professeur Benoit Muylkens, qui travaillent à la mise au point d'un protocole pour réaliser le test de dépistage du Covid-19 avec des plate-formes automatisées.

Ce stock est toujours aujourd'hui propriété de l'Etat et M. De Crem a promis un dédommagement.

"Nous avons été informés entre-temps que les kits seront payés par les laboratoires qui les utilisent", a expliqué Eurogentec à l'hebdomadaire.