La N-VA prépare des amendements à la proposition de la loi sur l'avortement et devrait demander l'avis du Conseil d'Etat en compagnie des groupes qui s'opposent au texte, a-t-on appris jeudi. Le CD&V s'apprête également à entreprendre la même démarche. Si cette demande est soutenue par au moins 50 députés à la Chambre, elle entraînera un nouveau report du débat et du vote en séance plénière. L'assemblée doit en principe entamer le débat sur ce texte qui assouplit les conditions de l'interruption volontaire de grossesse et la dépénalise. Plusieurs partis y sont farouchement opposés et ont déjà obtenu un report du vote le 12 mars par la même technique.

Les opposants espéraient un retour du texte en commission mais les déclarations du président du MR, Georges-Louis Bouchez, ont douché leurs espoirs. Le libéral francophone a fait savoir que la liberté de vote des députés s'appliquerait, y compris pour une telle demande.

Le sujet a déjà animé la séance plénière lors des questions d'actualité. La députée Eliane Tillieux (PS) a exprimé sa colère face à ce qui se prépare. "Ce qu'on demande ici, ce n'est pas de protéger le CD&V, la N-VA ou le Vlaams Belang mais de protéger les droits des femmes et de ne pas céder au chantage", a-t-elle lancé à l'occasion d'une question posée au ministre de la Coopération, Alexander De Croo.

La députée a ensuite offert un livre publié par le ministre -"Le siècle de la femme ou comment le féminisme libère aussi les hommes"- au chef de groupe CD&V, Servais Verherstraeten. Les chrétiens-démocrates ont régulièrement fait comprendre que ce sujet était pour eux une affaire de gouvernement.

S'il est également opposé à la proposition de loi, le cdH ne soutiendra pas la demande de renvoi au Conseil d'Etat.