Les opposants à la proposition de loi dépénalisant et assouplissant les conditions de l'avortement ont obtenu jeudi de consulter le Conseil d'Etat sur de nouveaux amendements. Le vote a donc été reporté une nouvelle fois. Les réactions ont évidemment fusé après cette annonce.

Le président de la Chambre, Patrick Dewael (Open Vld), a mis en garde l'assemblée contre l'abus d'une telle procédure. "Au moment donné, une assemblée parlementaire doit pouvoir se prononcer", a-t-il souligné en rappelant le parcours déjà long du texte. "Le renvoi au Conseil d'Etat ne peut avoir pour objectif de reporter indéfiniment un vote et empêcher ainsi à une majorité parlementaire d'approuver un texte", a-t-il averti.

"Comptez sur nous pour exploiter cette jurisprudence qui s'ouvre aujourd'hui", a annoncé le chef de groupe PTB, Raoul Hedebouw, qui espère ainsi retarder le vote de textes "antisociaux".

"Le parti du ministre de la Justice exploite le Conseil d'Etat à des fins politiciennes, c'est inadmissible", a déploré Eliane Tillieux (PS).

"Nous déplorons que le droit des femmes soit bafoué au profit d'un marchandage politique dans le cadre des actuelles tentatives pour former un gouvernement", a déploré Mme Schlitz (Ecolo-Groen).

Pour François De Smet, président du Défi, il ne s’agit pas d’améliorer le texte, “juste d’empêcher le vote”, a-t-il tweeté.


"Cela ouvre la porte à beaucoup d'abus futurs", a estimé quant à lui Georges Gilkinet, chef de groupe Ecolo. Car il apparaît que ces partis ont volontairement fait obstruction au vote d’un texte qui, sans cette manœuvre, aurait probablement été adopté par une majorité.