Entretien

Bart De Wever, le président de la N-VA, livre, en exclusivité pour "La Libre", son analyse de la situation politique à trois semaines des élections législatives.

Quel est votre objectif pour ce scrutin du 13 juin?

Il est très clair: le fédéralisme ne marche plus. Notre projet est clairement confédéraliste. La démocratie belge est scindée, on doit aller vers le confédéralisme, c’est à dire qu’on doit aller vers deux entités autonomes qui signent entre elles un Traité disant ce qu’elles font encore ensemble.

Deux “entités autonomes”, donc deux pays différents?

On doit inverser la logique actuelle. Quand on n’est pas d’accord en Belgique, tout reste unitaire. Il faut que cela soit l’inverse. Le fédéralisme, ce n’est qu’un euphémisme pour un pays qui est en train d’éclater lentement. Le confédéralisme, c’est se mettre d’accord pour dire: ce que nous n’arrivons plus à gérer ensemble, on le fait chacun de notre côté. On voit bien que chacune de nos deux démocraties est en train de se replier et que le critère de décision est devenu le paramètre francophone et le paramètre flamand. Il est devenu impossible de gérer ces deux démocraties.

Pour être transparent: vous voulez scinder le pays si vous en avez la possibilité?

Scinder le pays, c’est un grand mot. Il faut un Traité entre deux entités autonomes. Ma vision est celle-ci : les entités sont souveraines et on doit garder une certaine solidarité. Et pour nous, la scission de la sécurité sociale est absolument nécessaire si on veut conserver une solidarité. Aujourd’hui, la sécu ne garantit plus rien, ce sont des transferts d’argent qui n’aident pas la Wallonie à se redresser, c’est juste le contraire. Ils maintiennent la situation telle quelle...

Scinder la sécurité sociale? Vous n’aurez jamais un franccophone pour négocier cela...

Quand un responsable politique reçoit de l’argent d’électeurs qui ne votent pas pour lui et peut le donner à ses propres électeurs, on en arrive à une culture de déresponsabilisation. Ce n’est même pas un reproche, c’est un constat, une évidence. Les transferts fonctionnent comme une drogue: cela garde le patient dans un état comateux - notamment dans les régions de Wallonie comme le Hainaut, le Borinage où le PS est très fort. C’est très facile de continuer une gestion généreuse quand on ne doit pas payer la facture, il faut changer cela. Comme la Slovaquie a changé après la séparation de la Tchécoslovaquie et a beaucoup progressé.

Retrouvez la suite de l'entretien de Bart de Wever dans La Libre Belgique d'aujourd'hui