Dans son édito Francis Van de Woestyne pointe "un changement de stratégie très, voire trop timide". Comme les autres médias, La Libre Belgique regrette le fait que le Comité de concertation n'ait pas suffisamment tenu compte de la proposition de trois experts de déconfiner au cas par cas et non plus par secteur. Selon Francis Van de Woestyne, le gouvernement a pris le risque que les citoyens à bout enfreignent les règles. "La confiance n'aurait-elle pas été plus salutaire?", se demande-t-il. Il pointe finalement la décision "dramatique" de laisser la culture de côté et de faire "mordre la poussière quelques jours de plus" à l'Horeca.

Pour Le Soir, "le sentiment de blues généralisé demeure après les annonces". Le journal rappelle en effet que "le Comité de concertation a pris la mauvaise habitude de promettre des changements à telle date et de les reporter à telle autre, si tout va bien". Pour Bernard Demonty, il est important que le politique gère la crise avec "la vigueur du premier jour". Si ce n'est pas le cas, alerte-t-il, il y aura un "chaos monumental" dont on aperçoit déjà "les premiers signes".

"Un tout petit pas en avant"

Pour l'Echo également, "les mesures sont insuffisantes pour calmer le ras-le-bol des citoyens". Il s'agit là d'un "tout petit pas en avant". Mais il était nécessaire que le monde politique respecte plus ou moins les promesses faites avant Pâques afin de "pouvoir conserver une once de crédibilité". S'il convient qu'il fallait déconfiner avec prudence, le journal regrette que "nos gouvernants n'aient pas apporté une nouvelle stratégie de crise". "Trop peu, trop tard, comme souvent dans cette crise", regrette l'Echo qui voit quand même dans les nouvelles décisions "des bouffées d'oxygène bienvenues".

La DH voit dans les dernières mesures "un goût de trop peu" mais pointe également "une bouffée d'oxygène" en concluant sur le fait que tout cela "est mieux que rien".

"Ne pas faire marche arrière"

L'Avenir pointe un discours "plus optimiste" tout en mettant également en garde contre "l'explosion imminente de certains secteurs". Pour le journal, le Codeco "n'a produit aucune réflexion basée sur l'analyse de risque, mais plutôt sur la seule stratégie vaccinatoire". Malgré tout, la conclusion se veut positive. "Notre perspective est plus heureuse" que dans certains autres pays. L'Avenir appelle toutefois le gouvernement "à ne pas faire marche arrière lors d'un prochain Codeco".

Pour Sudpresse, qui est revenu sur le déséquilibre des forces au sein du Codeco, "il reste deux grosses semaines pour déminer une situation explosive pour les indépendants et le monde politique".

"La crédibilité des politiques a été sapée"

Au nord du pays,  les journaux se montrent plus cléments, sauf De Standaard qui trouve que les nouvelles mesures n'ont que peu d'importance "tant la crédibilité des politiques a été sapée". Revenir sur les précédents durcissements est "la meilleure preuve qu'ils ont perdu le contrôle de la situation". Le journal, très critique, regrette que les décisions ne soient plus prises sur une base scientifique mais par rapport à des calculs politiques. Pour la publication flamande, il est plus que jamais essentiel de se concentrer sur la vaccination. "Il est d'ailleurs consternant que certains pays renoncent à d'excellents vaccins à cause de complications extrêmement rares. Heureusement, la Belgique n'en fait pas partie."

Het Laatste Nieuws revient, lui, sur la réouverture des métiers de contact et des écoles qui "vont donner mal à la tête aux hôpitaux sans rendre les Belges vraiment heureux". En attendant les assouplissements du 8 mai et la réouverture des terrasses, "il reste trois semaines amères".

Pour De Tijd, "la grande libération ne l'est pas". Le journal craint en effet que le gouvernement soit contraint de revenir encore une fois en arrière. "Il s'agit d'un équilibre fragile", pointe-t-il. S'il n'en veut pas au monde politique, le journal rappelle quand même que "le royaume de la liberté a été promis à plusieurs reprises" et "à chaque fois, nous avons été déçus".

"Un compromis acceptable"

Le Nieuwsblad se montre, lui aussi, indulgent envers le gouvernement qui a trouvé "un compromis acceptable". "Avec ces chiffres, ne pas avoir d'assouplissements aurait été plus cohérent, mais cela aurait frappé plus durement la confiance déjà fragile de nombreuses personnes envers les politiques." 

Pour Het Belang van Limburg, enfin, "tout relâchement signifie toujours de prendre le risque que les décès augmentent. Il serait impardonnable de prendre ce risque juste avant la ligne d'arrivée". "La fin est en vue", conclut-il, se réjouissant que le rythme de vaccination ait récemment augmenté et appelant à ce que les efforts en ce sens continuent dans les prochaines semaines.