Un commentaire de Jonas Legge

Ce lundi, la journée a dû être éprouvante pour Yvan Mayeur. Dès la veille, l'info maintes fois évoquée ces derniers mois est enfin tombée : Freddy Thielemans quitte le maïorat de Bruxelles. A peine 14 mois après avoir été désigné bourgmestre, le socialiste à la fidèle moustache lâche donc sa tâche.

Son successeur tout désigné - les rumeurs veulent qu'il l'ait été avant même les élections communales d'octobre 2012 - n'est autre que l'actuel président du CPAS de Bruxelles. Un ambitieux qui a séduit la section locale bruxelloise du PS. Un homme de pouvoir, aux dents longues, qui aurait orchestré le rejet du cdH de Milquet dans l'opposition.

Très rapidement, ce qui devait poindre tel un rayon de soleil s'est transformé en grisaille. Dès la décision de Thielemans annoncée, sur les réseaux sociaux, le doute plane. Car le nom d'Yvan Mayeur est directement avancé, sans toutefois avoir été confirmé par une quelconque instance du PS. "De quel droit Yvan Mayeur lui succède-t-il ?" "Quelle est sa légitimité ?" "Qui en a décidé de la sorte ? L'électeur ?" Pas vraiment. D'ailleurs, certains twittos rappellent que Faouzia Hariche, elle aussi socialiste bruxelloise, avait recueilli davantage de voix de préférence au dernier scrutin. Mais, contrairement à la Wallonie, les règles sont ainsi faites en Région bruxelloise. Rien n'empêche donc Mayeur de devenir mayeur malgré son faible score électoral...

Et comme si la pluie de critiques ne suffisait pas, il fallait que souffle une bourrasque, dès potron-minet, ce lundi. Et que cette bourrasque traîne dans son sillage l'une des proches d'Yvan Mayeur : Pascale Peraita, la de plus en plus décriée directrice du Samusocial. Après avoir essuyé un tonnerre de critiques pour son salaire exorbitant, cette quinquagénaire, toute désignée pour remplacer Mayeur à la tête du CPAS, tanguait à nouveau. Accusée, cette fois, d'occuper un appartement social du CPAS de Bruxelles.

Dans la journée, Yvan Mayeur défendait, comme il le pouvait, son poulain. Mais de tels faits font tache et fâchent. Surtout lorsque, au même moment, le président du CPAS de Namur annonçait, lui, raboter son salaire, en vue de maintenir "le lien de confiance entre les citoyens et leurs représentants" .

Occasion rêvée pour l'opposition bruxelloise qui, en fin d'après-midi, réunie dans la salle bondée du conseil communal, montrait toute sa perplexité sur le remaniement. Joëlle Milquet allant jusqu'à critiquer publiquement le manque de légitimité et d'aura de celui qui faisait, ce lundi, figure de proie. Quant à Thielemans, il adapta son discours aux conditions météorologiques pour lui souhaiter "Bon vent" !

En cette fin de journée éprouvante et finalement un peu trop grise, où il a par moment broyé du noir, on imagine Yvan Mayeur enfin chez lui. Installé bien au chaud. Mais lui vient alors l'envie de vanter les décisions du Samusocial sur le relogement des expulsés du Gesu. L'homme à la "chemise BHL", comme le décrit le magazine Elle , en profite pour cibler les "attaques lamentables contre le Samusocial".

Le socialiste se fend alors de ce commentaire qui n'est pas à piquer des vers. Et qui lui vaut une volée de bois vert. Car, entre les félicitations, tombent des "honte", "manque de respect" ou autre "J'vous souhaite bien des cauchemars"...

Gageons que la nuit ait tout de même été bonne et que, ce mardi, le soleil supplante la pluie...