Frank Vandenbroucke l'assure : la campagne de vaccination vient de prendre un fameux coup d'accélérateur. "On a décidé de délivrer le vaccin AstraZeneca à toutes les personnes, y compris les personnes âgées. Cela permet de lancer immédiatement une nouvelle phase de la vaccination: les plus de 65 ans en Wallonie recevront très prochainement une invitation, à Bruxelles des lettres seront également envoyées aux plus de 75 ans et en Flandre aussi, on va d'abord là se focaliser sur les plus de 85 ans", a déclaré le ministre fédéral de la Santé sur La Première (RTBF) ce jeudi matin.

Mais pourquoi ces différences entre régions? "Il y a des raisons très concrètes", a expliqué le socialiste flamand. "Le message général, c'est que l'on commence la vaccination des plus de 65 ans mais on fait ça par tranche et avec des mixages un peu différents. Ça dépend de contextes opérationnels très concrets dans chaque région. Ce qui est important ici, c'est que ce groupe de la population beaucoup plus vulnérable vu son âge va être protégé. C'est lancé dès maintenant."

Un ministre optimiste mais qui reconnaît des erreurs

Frank Vandenbroucke s'est montré en tout cas très optimiste: "Le fait que l'on a maintenant trois vaccins qui peuvent être donnés à toutes les personnes, cela simplifie l'organisation de la campagne, c'est un boost. Et deuxièmement, vu le fait que le Conseil Supérieur de la Santé a dit que pour le vaccin Pfizer, la deuxième dose pouvait être donnée même après 35 jours et pas absolument après 21 jours, cela permet de réduire le stock tampon des vaccins Pfizer de façon considérable. Pour le moment, il faut savoir que l'on garde dans les frigos pendant trois semaines des doses de Pfizer. Vu le fait que l'on peut à présent allonger la période avant la deuxième injection, on peut réduire ce stock tampon à un stock d'une semaine. Cela va libérer des dizaines de milliers de doses Pfizer immédiatement. Cela est aussi un facteur d'accélération important."

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Le monde politique navigue-t-il toutefois à l'aveugle pour les délais de livraison des vaccins? Vandenbroucke reconnaît une erreur: "On n'agit pas à l'aveugle mais il faut avouer qu'au niveau européen, on a été trop optimiste ou on a trop cru les promesses trop optimistes d'AstraZeneca sans vraiment vérifier ses capacités de production de façon approfondie. Et là je crois que l'Europe doit apprendre de ses erreurs. Ce qu'il s'est passé, c'est que l'on a signé un contrat et qu'on s'est dit que vu qu'il y avait ce contrat, l'industrie allait produire. Mais dans ce monde-là des vaccins, il faut aussi en tant qu'autorité publique immédiatement vérifier si l'industrie est capable de faire ça et c'est ce qui a manqué. On a cru des promesses légères de la part d'AstraZeneca."

Quid du Comité de concertation de vendredi?

Le ministre fédéral de la Santé a bien entendu également été interrogé sur le prochain Comité de concertation et sur les éventuels assouplissements prévus. Frank Vandenbroucke salue tout d'abord "une bonne nouvelle": "L’explosion des cas annoncée la semaine dernière n’a pas eu lieu". Toutefois, il calme quelque peu les ardeurs car "la mauvaise nouvelle, c’est que le nombre d’hospitalisations continue à grimper". "Aujourd'hui, il y a 434 patients Covid en soins intensifs, c'est énorme. C'est une augmentation de 20% en une semaine", a indiqué le ministre.

Quel impact dès lors sur les décisions attendues ce vendredi? Le ministre socialiste est resté plutôt discret. "Un, je ne peux pas devancer les décisions. Deux, en ce qui me concerne, si on peut assouplir, c’est l’enseignement ma priorité", a tout de même tenu à signaler Frank Vandenbroucke. "Dans l'enseignement secondaire, pas mal d'enfants souffrent du mode de fonctionnement en semi-présentiel", a-t-il précisé.

Le ministre de la Santé demande à la population, dont une grande majorité adopte selon lui "un comportement tout à fait correct", encore un peu de patience pour laisser la campagne de vaccination se développer. " Moi aussi j'en ai marre. Mais il ne faudrait pas détruire notre acquis, la capacité qu'on a eue à contenir le virus".