La nomination de Sabine Laruelle (MR) et Patrick Dewael (Open VLD) comme chargés de mission pour "prendre des contacts politiques nécessaires" dans le but de former un gouvernement fait réagir la presse flamande. Et elle ne mâche pas ses mots. Revue de presse.

Ce jeudi matin, De Standaard signalait dans son édito qu'avec des partis qui campent sur leurs positions, il devient impossible de trouver une solution. "Dans de telles circonstances, d'autres options, comme celle d'Alexander De Croo, n'avaient aucun sens pour l'instant. Cela ne ferait qu'engendrer une nouvelle déception." Bart Sturtewagen, l'éditorialiste, estime que le jeu politique des précédents chargés de mission a causé trop de dommages. A cause de cela, le Palais n'aurait trouvé "qu'une vieille astuce pour gagner du temps" en nommant pour une mission les présidents de la Chambre et du Sénat. Il n'a donc pris aucun risque, selon l'éditorialiste, et "ce n'est pas près de se terminer" car "essayer encore et encore les quelques mêmes scénarios et s'attendre à un résultat différent est la définition même de la folie". L'éditorialiste va encore plus loin en écrivant "qu'on approche d'une phase d'acharnement thérapeutique".

"Le Roi a de nouveau surpris", estimait pour sa part De Morgen, en envoyant Sabine Laruelle et Patrick Dewael "en pâturage". Le roi Philippe aurait décidé ici de changer son fusil d'épaule en mettant en retrait les présidents de parti, mais cela reste "symbolique". Toutefois, le quotidien estime que la formation d'un gouvernement Vivaldi ne pourra se faire qu'après les élections au sein de l'Open VLD fin mars. Le journal précise que, vu le refus de Paul Magnette (PS) de travailler avec la N-VA, la coalition Vivaldi serait la "seule solution possible"

Sabine Laruelle, première femme chargée de mission

© BERNARD DEMOULIN

De son côté, Het Laatste Nieuws mettait ce matin en lumière une avancée majeure en politique belge : la première nomination d'une femme dans le cadre d'une mission royale, tout en avouant avoir été persuadé que le rôle reviendrait à Alexander De Croo (Open VLD). Le journal estime aussi que le Palais a voulu choisir des personnes "neutres" à "jeter dans l'arène" afin de relancer la conversation entre les partis. Le journal avance également qu'il aurait été préférable de nommer des personnes ayant déjà des responsabilités afin de s'assurer "que les ambitions personnelles de certains politiciens" n'entrent pas en compte dans la mission, car "les deux missionnés ont pour objectif principal de rétablir la paix à la rue de la Loi".

Het Nieuwsblad utilise quant à lui des mots forts : "Cette formation de gouvernement a été une honte pendant longtemps, mais maintenant elle a vraiment touché le fond", tout en allant plus loin en se demandant : "Comment faut-il encore l'appeler lorsque le choix du commissaire/enquêteur/médiateur est dicté par la liste des partis qui n'ont pas encore eu leur tour ? Car c'est précisément l'argument qui justifie l'envoi d'un politicien de l'Open VLD sur le terrain cette fois-ci. Patrick Dewael, avec à ses côtés sa collègue Sabine Laruelle, qui doit veiller à l'équilibre entre les sexes et autres." Het Nieuwsblad estime néanmoins que le Roi est "plus rusé que le monde ne le pense" et précise que Laruelle et Dewael représentent des institutions (Sénat et Chambre) plus qu'un simple duo politique. Ce qui ne serait donc pas dépourvu d'intérêt.

Les chargés de mission royale, après une pause pendant les vacances de carnaval, ont jusqu'au 9 mars pour remettre un premier rapport et essayer de débloquer la situation qui stagne depuis les élections de mai 2019.