"Je suis un peu déçue", a lancé la N-VA Kathleen Depoorter. "Vous étiez la personne qui avait la politique entre vos mains, et je n'ai pas vu de capitaine, mais une touriste sur le quai qui voit un navire sombrer et les gens se noyer." Les nationalistes flamands ont notamment rappelé leur volonté d'instaurer une politique de soins de santé "sur mesure" axée sur des ministres de la Santé "flamand et wallon".

"Ce qui est excessif est insignifiant", a répondu Michel De Maegd (MR), du même parti que Mme Wilmès. "Il y en a qui ont décidé d'embarquer dans le bateau de la politique politicienne et utilisent cette commission comme tribune pour d'autres intérêts. Je ne suis pas certain que M. Jambon (ministre-président flamand N-VA et associé à ce titre aux décisions du CNS, ndlr) appréciera d'être catalogué de touriste." Le libéral a également salué la "hauteur de vue" de l'ancienne Première ministre, "sans polémique stérile". "Je ne pense pas qu'une régionalisation totale apportera de l'efficacité. Le virus ne s'arrête pas aux frontières", a renchéri Nathalie Gilson (MR).

Sophie Wilmès a aussi été soutenue par les partenaires de sa coalition, le CD&V et l'Open Vld, le libéral flamand Jasper Pillen saluant un exposé "complet et serein". "Jusqu'où la phase fédérale pourrait-elle aller, notamment sur des compétences régionales? ", s'est toutefois interrogée Nawal Farih (CD&V).

"Est-ce qu'on vous a laissé de la place de gérer ce bateau ? ", s'est pour sa part demandée Marie-Colline Leroy (Ecolo). Est-ce que tous ces gens ont laissé faire une, et je dis bien une, Première ministre ? " Le députée s'est également interrogée sur l'absence de stock stratégique de matériel médical. "Pouvez-vous nous dire, 'oui, nous (la coalition Suédoise, ndlr) avons décidé de ne pas financer la prévention'" ? , a-t-elle demandé.

L'interrogation était similaire du côté du PTB. "Regrettez-vous les 900 millions d'euros de coupes effectuées dans le secteur de la santé en 2017, alors que vous étiez ministre du Budget ? ", a demandé Sofie Merckx, estimant que l'ancienne Première ministre avait lu "une liste d'excuses".

Pour la députée Catherine Fonck (cdH), "tirer les enseignements sur le futur, c'est aussi poser un diagnostic lucide. On a payé un énorme tribut. Les économies dans les soins de santé étaient une erreur." La députée a également rappelé être en faveur d'une refédéralisation de cette compétence.

La tonalité était différente au PS. "Personne ne peut dire qu'il aurait mieux géré la crise et je sais que certains n'hésitent pas à le faire. C'est toujours plus confortable d'être spectateur", a lancé Hervé Rigot. "Lire les événements avec ce que l'on sait aujourd'hui, ce serait de la malhonnêteté intellectuelle." Le socialiste a, à l'inverse des nationalistes flamands, mis en avant le rôle essentiel du fédéral "en matière de coordination".

"Des questions restent néanmoins en suspens concernant le manque d'anticipation", a réagi Sophie Rohonyi (DéFI), pointant aussi les économies réalisées par la Suédoise dans les soins de santé.