Un nouveau gouvernement dans trois semaines ? Les négociateurs veulent y croire et ont confirmé, vendredi, leur agenda (qui avait fait l’objet de fuites dans la presse) : "Les sept partis qui tentent de constituer au fédéral une coalition dite Vivaldi travailleront à la mise en place du nouveau gouvernement pour le 1er octobre, ont-ils annoncé dans un communiqué commun. Les présidents de parti participant aux négociations soulignent l’importance de laisser le gouvernement minoritaire de plein exercice actuel diriger le pays jusque-là." Cela donne un peu de marge aux préformateurs Egbert Lachaert (Open VLD) et Conner Rousseau (SP.A).

À la recherche d’un formateur

Ces derniers rendront le rapport final de leur mission le lundi 21 septembre, a annoncé le Palais vendredi en fin de matinée, à l’issue d’un entretien téléphonique entre le Roi et les préformateurs. Si les discussions avancent bien, le formateur du nouveau gouvernement pourrait alors leur succéder. Les partenaires de la Vivaldi doivent toujours s’accorder sur le nom de cette personnalité qui, très probablement, deviendra ensuite Premier ministre. Quatre noms circulent : Alexander De Croo (vice-Premier Open VLD), Koen Geens (vice-Premier CD&V), Paul Magnette (président du PS) et Sophie Wilmès (actuelle locataire du "16", elle se maintiendrait à la tête du futur exécutif fédéral).

Le 17 mars dernier, la Première ministre s’était engagée à redemander la confiance de la Chambre six mois après l’avoir obtenue afin de gérer la crise liée à la pandémie de Covid-19, soit le 17 septembre. Vendredi dernier, Egbert Lachaert, fraîchement nommé préformateur avec Conner Rousseau, avait rappelé son engagement à respecter cette échéance. Mais le test positif au coronavirus du président de l’Open VLD, communiqué mardi, est venu perturber ce calendrier. Les négociateurs ne peuvent plus s’asseoir physiquement autour d’une même table d’ici… le 18 septembre.

La future opposition râle

Même si Sophie Wilmès n’y demandera pas la confiance, une séance plénière sera bien organisée jeudi prochain à la Chambre. La Première ministre actuelle sera amenée à s’expliquer. Une interpellation du Vlaams Belang sur le sujet est d’ores et déjà inscrite à l’ordre du jour.

Outre l’extrême droite, les formations ne faisant pas partie de la formule Vivaldi ont manifesté leur amertume. La N-VA souhaite que la confiance soit demandée à la Chambre la semaine prochaine. Quant à François De Smet, le président de Défi, il a jugé sur Twitter que le Parlement fédéral n’était pas respecté : "Ce n’est pas à une majorité en constitution, encore fragile, d’offrir d’autorité deux semaines de plus à ce gouvernement, sans consultation."