La bourgmestre de Saint-Trond Veerle Heeren (CD&V) est actuellement au coeur d'une vive polémique. La raison? Selon les médias flamands Het Belang van Limburg et Het Laatste Nieuws, qui s'appuient sur des documents présentés par le site d'information locale Trudocs, celle-ci aurait été vaccinée dès le mois de mars, alors qu'à cette période seuls les résidents de maisons de repos étaient prioritaires.

Selon les documents qui ont fuité et qui émanent du centre de vaccination en question, Veerle Heeren aurait reçu sa première dose Pfizer le 10 mars et sa seconde injection le 31 mars.

Mais l'affaire n'en reste pas là car, comme le relaient les médias flamands, la bourgmestre de 56 ans aurait également fait du favoritisme. Elle aurait ainsi fait passer des collaborateurs, certains membres de sa famille et même des voisins avant tout le monde dans la vaccination. Ces personnes, toutes âgées entre 23 et 62 ans, auraient été vaccinées mi-mars.

La bourgmestre réagit... de façon floue

Face à la polémique, la bourgmestre n'a d'abord pas voulu confirmer les informations. “Si je suis déjà vaccinée ou pas, ça ne regarde personne car cela relève du secret médical”, déclarait-elle dans Het Laatste Nieuws. Quant à la question de savoir si elle a avantagé d'autres personnes, Veerle Heeren répondait à nouveau de façon floue: “Je ne m’exprime pas sur le dossier médical d’autres personnes.”

Du côté de l'opposition, bien évidemment, on ne compte pas laisser passer l'affaire. Dans le Nieuwsblad, le chef de file de l'opposition Ludwig Vandenhove (Vooruit) a ainsi commenté: “Il existe un mot pour de telles pratiques secrètes: du népotisme". Avant d'ajouter sur les réseaux sociaux: “En soit, il n’y a rien d’illégal ou de punissable, mais moralement et politiquement, je trouve inacceptable qu’un bourgmestre contribue à mettre en place un tel système de favoritisme.” Il a d'ailleurs déclaré qu'il allait transférer les documents au gouverneur du Limbourg et à l'agence flamande Care & Health afin qu'ils enquêtent sur la polémique de manière objective.

"Oui, j'ai effectivement été vaccinée en mars"

Face à la polémique, la bourgmestre a finalement admis avoir été vaccinée en mars. "À ce moment-là, il y avait des quantités assez importantes de vaccins non attribués chaque jour", se justifie Veerle Heerle. "Plusieurs fois, j'ai refusé d'accepter la suggestion du centre de vaccination de me faire vacciner. Mais étant donné ma présence quotidienne au centre de vaccination en tant que bourgmestre, j'ai finalement accepté cette suggestion".

Elle a finalement présenté ses excuses. "Je suis convaincue que je n'ai rien fait d'illégal, mais je ne le referais pas. J'ai commis une erreur de jugement". Expliquant ne pas avoir prévu l'ampleur de la polémique de ces derniers jours, la bourgmestre a tenu à s'excuser expressément auprès des habitants de la région de Saint-Trond.