Le ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Ecolo) propose de revoir la stratégie d'invitations de la campagne de vaccination et de baser celles-ci sur l'âge uniquement, d'après L'Echo. Le ministre a envoyé mardi un courrier à ses collègues ministres de la Santé dans lequel il propose de cibler les invitations sur base de l'âge uniquement et d'abandonner le système de priorités pour les moins de 65 ans avec comorbidités.

Il justifie la démarche par les difficultés légales que va poser la sélection des patients à risque jugeant que le processus viole le secret médical.

Les patients qui présentent les facteurs de comorbidité les plus sévères, par exemple les dialysés, les greffés ou ceux qui suivent des traitements immunosuppresseurs, ne perdraient toutefois pas le droit à un vaccin rapidement: ils seraient vaccinés dans les hôpitaux où ils suivent leur traitement, et à terme, via les médecins généralistes dans leurs cabinets avec le vaccin Johnson et Johnson, administré en une seule dose, si celui-ci est approuvé.

Le scepticisme de Beke 

Le ministre flamand du Bien-être Wouter Beke (CD&V) ne comprend pas que son collègue bruxellois veuille abandonner la priorité de la vaccination des personnes présentant des facteurs de comorbidité.

"Lorsque nous aurons le débat sur le moment où nous pouvons assouplir les mesures, les admissions à l'hôpital seront le paramètre le plus important. Et ce sont précisément les personnes atteintes de maladies chroniques qui occupent actuellement de plus en plus souvent les lits de soins intensifs, maintenant que les résidents des centres de soins résidentiels ont été vaccinés", a fait valoir le ministre Beke en séance plénière du parlement flamand.

Freya Saeys, dont la formation, l'Open Vld, fait partie de la coalition gouvernementale flamande, comme le CD&V, a attiré l'attention du parlement flamand sur la procédure engagée par l'association de médecins Absym-BVAS contre la priorité accordée aux patients à haut risque. Elle aussi préconise de travailler uniquement sur la base de l'âge.

"Je ne comprends pas pourquoi les gens se lancent dans une bataille juridique en ce moment, alors que nous sommes dans une telle crise", a répondu M. Beke.

Le ministre a répété au parlement que l'intention était de commencer à vacciner les plus de 85 ans à partir du 15 mars, maintenant qu'il semble que cela puisse également se faire avec le vaccin d'AstraZeneca. Pour les vaccins Pfizer, le stock sera réduit, car après l'avis du Conseil suprême de la santé, le délai entre la première et la deuxième injection pourra être géré de manière plus souple.