La venue "historique" du président du Vlaams Belang au Palais royal était attendue par plus de journalistes qu'à l’accoutumée ce mercredi matin.

"Surtout, ne rate pas la poignée de main avec le Roi", lance l'un des journalistes à son cadreur. C'est l'image que tout le monde veut capter. Et ce, au grand désespoir des quelques voisins du Palais, présents mais discrets, venus déplorer l'attention médiatique accordée à Tom Van Grieken et son parti extrémiste.

"Historique? Pathétique plutôt", lance une femme présente sur place. "C'est désolant que ce soit le Roi lui-même qui rompt le cordon sanitaire. Maintenant, il va se retrouver sur tous les plateaux de télévision et on trouvera cela normal."

Le timing, aussi, leur pose problème: "Il y avait 4.000 personnes rassemblées à Bruxelles contre l'extrême droite hier, et le lendemain, on nous annonce cette rencontre. Les gens n'ont pas eu l'occasion de s'organiser pour manifester leur mécontentement. Je respecte les institutions, mais là, ça ne va pas."

Du côté des journalistes, l'ambiance est tout autre. Une trentaine de cadreurs, preneurs de son, photographes et reporters sont aux aguets alors que l'heure approche. "Il ne va quand même pas être en retard chez le Roi?" se demande-t-on devant la grille déjà ouverte. Et le voilà qui débarque, à pied, au loin, sur le trottoir d'en face, bordant le Parc royal. La bonne conduite aurait voulu que l'on attende sa traversée des pavés jusqu'à l'entrée. Mais voilà que deux, puis trois, puis quatre... puis toute la troupe s'élance pour capturer "l'image", pour capter LA première réaction du premier président Vlaams Belang à être reçu en audience par le souverain depuis 1936. La traversée de la large Place des Palais se fait en peloton groupé, sous une pluie de questions.

Quelques réponses, et le président du parti d'extrême droite s'élance vers le porche. Au loin, une poignée de main que l'on distingue à peine. Le moment est passé. Comme si de rien n'était finalement. La même cohue se produit à la sortie de Tom Van Grieken. Et puis les choses se calment.

Peu après, c'est au tour de Peter Mertens, président du PTB-PVDA, de rencontrer le roi Philippe. Devant moitié moins d'objectifs.