La réouverture d'une partie de l'Horeca a donné à la Belgique un air de liberté retrouvée. Tandis que la population savourait un premier verre en terrasse ce week-end, le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) fournissait davantage de perspectives pour un retour à la normale d'ici l'été au nord du pays. Si De Croo (Open Vld) et Vandenbroucke (Vooruit) se sont montrés optimistes ce dimanche quant à la possible organisation de festivals en août, le ministre de la Santé a tenu à nuancer le propos dans la soirée. "Si nous voulons un chouette été, nous devons être plus prudents que ce que certains ont annoncé", a mis en garde le socialiste flamand sur VTM.

Ciblant le plan de sortie présenté par le nationaliste flamand, il a ajouté qu'il s'agissait d'un grand nombre d'assouplissements, estimant qu'"on ne pouvait pas tout faire en même temps". "Nous risquons de mettre notre été en danger", a-t-il averti. Le ministre de la Santé a donc mis en avant un "pacte des festivals". 

Quatre conditions pour la tenue de festivals en août

Ce dernier viserait à garantir la tenue de tels événements en toute sécurité dans la seconde partie de l'été et impliquerait de remplir quatre conditions. Tout d'abord, Frank Vandenbroucke a estimé que le nombre d'admissions à l'hôpital et en soins intensifs devait diminuer drastiquement. Ensuite, il a insisté sur l'utilisation d'un coronapass. Troisièmement, il a postulé qu'il faudrait organiser un large système de testing afin que les participants aux festivals soient testés quotidiennement. Enfin, il a mis l'accent sur la nécessité de limiter l'accès à de tels événements aux Européens et "uniquement ceux qui ont maîtrisé l'épidémie", pour éviter que des variants du virus (indien, brésilien...) pénètrent dans notre pays.

De son côté, l'infectiologue Erika Vlieghe (UAntwerp) a fustigé l'idée d'organiser des festivals cet été. "Le gouvernement sait ce que nous pensons, mais cela semble compter de moins en moins. La pression est forte, les gens supposent de plus en plus que le coronavirus est derrière nous, mais même si je le souhaite, nous n'en sommes pas encore là", a-t-elle déclaré à Het Laatste Nieuws. "Cela va complètement à l'encontre de ce que nous avions mis en avant dans nos avis", a-t-elle par la suite ajouté auprès de l'agence Belga.