La N-VA, ex-partenaire des libéraux dans le gouvernement "Michel I", a communiqué samedi soir son amertume et son "incompréhension" quant à l'annonce du choix du MR Didier Reynders comme candidat belge à la Commission européenne. 

Le chef de groupe nationaliste à la Chambre Peter De Roover estime que ce choix est "inacceptable", effectué par un gouvernement "qui n'a aucune légitimité démocratique".

S'il était relativement attendu que le poste soit cette fois confié à un francophone, après les mandats de commissaire européen de Marianne Thyssen et Karel De Gucht, la N-VA souligne malgré tout: "après la présidence du Conseil européen pour Charles Michel, c'est de nouveau une fonction du top qui va à un politique francophone".

"Nous serons bientôt confrontés au Brexit, il est donc d'importance capitale d'avoir un Flamand aux tables européennes", développe Peter De Roover. "L'impact économique du Brexit sera en effet bien plus important en Flandre qu'en Wallonie".


"Il est particulièrement dommage de devoir constater que ce gouvernement en affaires courantes n'a une nouvelle fois par le réflexe démocratique d'impliquer le parlement dans cette décision importante", ajoute encore Peter De Roover, questionnant la "légitimité démocratique" dont bénéficiera Didier Reynders en tant que "voix belge" au niveau européen. "Les limites de ce qu'un gouvernement en affaires courantes peut ou ne peut pas faire sont encore dépassées", estime-t-il.

Rappelant parallèlement à son annonce qu'il "revient au Gouvernement fédéral de décider" de la candidature de commissaire européen, le Premier ministre avait précisé samedi avoir "mené des contacts informels" à ce sujet "auprès des formations politiques démocratiques représentées à la Chambre par un groupe politique reconnu".

"Coup de force constitutionnel"

Olivier Maingain a également réagi à la nomination de Reynders. "Le gouvernement Michel ultra minoritaire et désavoué aux élections du 23 mai procède à un coup de force constitutionnel en proposant Didier Reynders comme commissaire européen. DéFi demande la convocation de la Chambre pour mettre un terme à cette violation de la Constitution", a tweeté le président de DéFi. 


Elio Di Rupo a pour sa part "pris acte" de cette désignation et espéré q'un "débat public" serait tenu au Parlement fédéral quant aux options qui seront défendues par le candidat belge à la Commission.