Le beau-fils de Laurette Onkelinx envisage de s’installer dans le fief de Charles Picqué.

C’est la rumeur de l’été qui agite le landerneau socialiste bruxellois. Julien Uyttendaele pourrait annoncer à la rentrée son déménagement à Saint-Gilles, une commune où le PS détient la majorité absolue.

Agé de 25 ans, Julien Uyttendaele siège depuis 2014 au parlement régional bruxellois. Il est le fils de l’avocat Marc Uyttendaele et le beau-fils de Laurette Onkelinx, cheffe du groupe PS à la Chambre et présidente de la fédération bruxelloise du parti - elle-même parachutée dans la capitale en 2001 après avoir fait ses premières armes à Seraing.

Le jeune député est aujourd’hui actif à la section de Woluwe-Saint-Lambert. Mais, selon nos informations, il ne devrait pas tarder à s’envoler vers Saint-Gilles. L’opération aurait été validée par l’homme fort local, Charles Picqué. Ce que ce dernier reconnaît à demi-mot. "Tout ce que je sais, c’est que la possibilité existe, mais ce n’est encore qu’au stade de l’intention."

Julien Uyttendaele n’est pas dépourvu d’attaches saint-gilloises. Il a vécu dans cette commune son enfance et son adolescence. Et lorsqu’il a pris la carte du PS, à l’âge de 16 ans, il s’est dans un premier temps affilié à la section de Saint-Gilles.

L’hypothèse de ce transfert provoque déjà quelques grincements de dents. Plusieurs élus saint-gillois et militants de longue date admettent mal la venue d’un concurrent imprévu.

Maillons faibles

Certains s’interrogent aussi sur la stratégie du parti : Saint-Gilles est l’une des places fortes électorales du PS en Région bruxelloise, et l’une des sections les mieux pourvues en ressources humaines. Selon ces sceptiques, mieux vaudrait d’abord renforcer les maillons faibles (Auderghem, Watermael-Boitsfort…).

En 2014, lors de la confection des listes régionales, Julien Uyttendaele avait bénéficié d’une place de choix, la troisième suppléance. L’un des arguments avancés alors par la direction du PS était qu’il fallait faire monter des candidats issus des quartiers plutôt aisés de la "seconde couronne", afin d’y développer à l’avenir la présence socialiste.

Face aux remous, le bourgmestre Charles Picqué joue l’apaisement. "Il y a de la place pour tous ceux qui veulent travailler à Saint-Gilles. Et puis, si ça se confirme, ce ne sera pas un parachutage. La priorité de Julien Uyttendaele va au travail parlementaire. Son objectif premier, ce n’est pas un mandat local. Cela devrait rassurer certains."

Joint par "La Libre", Julien Uyttendaele se borne à déclarer qu’il n’y a "rien de certain" à ce stade. "Si ça se fait, de toute façon, ce sera un choix de cœur, pas une décision stratégique", indique-t-il.