À l'approche des fêtes de fin d'année, les autorités s'inquiètent de voir se réunir en nombre des Belges souhaitant passer un moment en famille. La zone de police Carma (As, Bocholt, Bree, Genk, Houthalen-Helchteren, Kinrooi, Oudsbergen et Zutendaal) a déjà fait savoir qu'elle déploiera des drones pendant cette période pour s'assurer du respect de l'interdiction des feux d'artifice et des mesures sanitaires. Des caméras thermiques présentes sur les drones pourront ainsi permettre aux forces de l'ordre de contrôler le nombre de personnes à l'extérieur. "Nous entendons aujourd'hui que dans certaines zones de police, des drones seront utilisés, s'est étonné Tim Vandenput (Open Vld) à la Chambre. Ils vont certainement prendre des images des jardins. C'est une infraction au respect de la vie privée." Estimant que cela dépassait les limites fixées par la loi belge, le député a interpellé la ministre de l'Intérieur, lui rappelant que "nous ne vivions pas dans un état policier."

"Les citoyens doivent être considérés comme des citoyens et non comme des suspects, a quant à lui insisté Peter De Roover (N-VA). Nous avons raison de mettre un terme aux lockdown parties, mais vous poussez le bouchon un peu loin en parlant de drones survolant les habitations pour veiller à ce que les Belges n'invitent pas leur grand-mère ou leur grand-père."

La ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), a immédiatement tenu à rassurer les députés quant à ces contrôles des mesures sanitaires. "Les polices locales peuvent bel et bien décider d'utiliser des drones, mais cela devra se faire dans le respect des directives en la matière, a-t-elle répliqué. Je m'assurerai que tous les contrôles concernant les 'mesures corona' se fassent en toute légalité."

La ministre a toutefois insisté sur la nécessité de s'assurer que les règles soient respectées, au vu de l'évolution des chiffres. "Il s'agit de mesures exceptionnelles, que nous ne prenons pas pour notre plaisir, mais parce que nous n'avons pas le choix, a-t-elle conclu. Nous vivons des temps extrêmement difficiles. Nous devons veiller à ce que nos services de police, qui travaillent depuis des mois dans des circonstances compliquées sur le terrain, puissent faire leur travail correctement."