Voilà près de 50 ans que les Belges n’ont plus enterré une reine, et pour Yassin Chourouhou, chef du protocole au ministère de l’Intérieur, il s’agit de retrouver les "traditions ancestrales" et de les mettre au goût du jour.

"Nous ne nous appuyons pas énormément sur ce qui a été fait lors du décès de la reine Elisabeth en 1965 explique-t-il, le contexte a évolué. Les hymnes, les préséances et les drapeaux font partie de ce noyau protocolaire, de ces traditions ancestrales qui demeurent, mais pour le reste beaucoup a changé, ne fut-ce qu’au niveau de la liste des invités."

Au fil des réformes de l’Etat , de nouveaux corps institués ont en effet fait leur apparition et cotoieront le corps diplomatique et les têtes couronnées (invitées, elles, par le Palais) qui seront présentes ce vendredi pour les obsèques. "Autre changement, précise Yassin Chourouhou , les invitations sont envoyées pas voies électroniques et non plus par courrier."

Concernant le deuil national de 7 jours, "l a question ne s’est pas posée, il devait être organisé" explique-t-il. Pour autant, il n’aura que peu d’influence sur la vie des citoyens belges.

"Un deuil national est incarné par la mise en berne du drapeau. Pour rappel, un drapeau ne peut jamais être étranglé, la mise en berne consiste à le descendre le long de sa hampe pour laisser flotter le drapeau invisible du deuil qui a la préséance sur tous les autres drapeaux."

Durant cette semaine les bâtiments publics relevant du ministère de l’Intérieur seront donc astreints de faire flotter ce drapeau invisible. Les bâtiments régionaux n’y sont pas tenus, "mais cela leur est demandé implicitement". Sauf raison impérieuse, les membres du gouvernement, quant à eux, ne pourront pas assister à des galas, des soirées dansantes ou des activités festives.

De leur côté, les citoyens belges ne sont obligés de rien, chacun étant libre d’exprimer ses sentiments comme il l’entend.BdO