Le cdH a constaté mercredi en début de soirée qu'en raison de l'attitude des partis flamands qui ont préféré la confrontation à la négociation, les négociations sont suspendues. Il ajoute que pour les reprendre, il faudra des garanties qu'il existe une volonté de trouver une solution négociée pour BHV pendant la durée de la suspension et un engagement sans ambiguïté de chacun de s'en tenir à l'accord intervenu pendant la mission de l'explorateur sur le phasage de la future réforme de l'Etat.

"Le cdH souhaite un gouvernement au plus tôt pour la stabilité du pays avec un programme social, économique et environnemental mobilisateur pour tous ses citoyens. Mais pour y arriver, il faudra que des garanties claires soient données pour démontrer à la fois qu'il y a une volonté commune d'élaborer ce programme fédéral fort, de ne pas affaiblir l'Etat belge et de respecter désormais toutes ses composantes, ainsi qu'une volonté de trouver une solution négociée et non imposée à BHV pendant la durée de la suspension de la procédure", disent les Humanistes dans un communiqué.

Ils ajoutent que pour eux, "tous les partis devront démontrer la volonté de confirmer sans plus aucune ambiguïté désormais, comme le cdH l'avait clairement obtenu à l'issue de la mission de l'explorateur suite au blocage qu'il avait fait fin août, que toute discussion institutionnelle sera effectivement reportée selon les modalités déjà établies, hors du gouvernement, dans un cadre impliquant notamment tous les partis démocratiques et qu'aucune décision éventuelle ne pourra être prise sans majorité équilibrée des deux tiers".

Le cdH rappelle que depuis le début des négociations sur BHV, il a, comme les autres partis francophones, toujours estimé qu'il fallait trouver une solution équilibrée et négociée et qu'un vote devait être évité. Il constate par ailleurs qu'il n'a jamais reçu aucune proposition concrète écrite permettant de débuter des négociations officielles sur ce sujet et que ces dernières n'ont dès lors jamais débuté en plus de 4 mois.

Les Humanistes ajoutent que malgré les tentatives faites encore ce mercredi midi par les Francophones visant à demander un report du vote et à proposer des amendements raisonnables à un texte de simple procédure proposé verbalement par le formateur, la décision a été prise tant par l'Open Vld que le cartel CD&V/NV-A de préférer "imposer" plutôt que "négocier" et passer à un vote dont la portée est "gravissime car il brise à la fois l'équilibre de l'Etat belge et le respect d'une des deux parties du pays".

"Ce vote n'est ni plus ni moins une gifle donnée à plus de 4 millions de Francophones, c'est la volonté de supprimer sans autres modalités, un droit politique essentiel: celui de pouvoir continuer à voter pour leurs représentants se présentant dans le territoire de la Communauté française. Il est aussi une gifle à la démocratie car il n'a été rendu possible que grâce aux votes de l'extrême droite", note encore le cdH.

Le cdH se réjouit de la rencontre entre les partis francophones, "au-delà des clivages, pour en tirer toutes les conclusions qui s'imposent et entamer une procédure de conflit d'intérêt et ensuite de sonnette d'alarme qui permettra de bloquer le cheminement de la proposition de loi pendant plusieurs mois".

Il ajoute encore que "le vote d'aujourd'hui signifie par ailleurs que les partis flamands, négociateurs de l'Orange bleue, ont préféré sortir, par ce geste, d'un cadre de négociation basé sur le dialogue pour entrer dans un cadre de confrontation basé sur l'imposition d'une vision unilatérale".

Le cdH considère dès lors que les négociations de l'Orange bleue sont, par cet acte grave, suspendues de fait et fixe ses conditions pour qu'elles puissent reprendre.