Prisons en grève: 275 policiers mobilisés
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Prisons en grève: 275 policiers mobilisés

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Quelque 275 policiers sont actuellement mobilisés pour remplacer les agents pénitentiaires au sein des prisons concernées par la grève, à savoir à Arlon, Ittre, Nivelles, Mons, Andenne, Forest, Saint-Gilles, Tournai, Saint-Hubert (plus le centre fermé pour jeunes), Huy, Jamioulx, Lantin et Namur, selon la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet.

"Cette mobilisation importante ne remet pas en cause les septante policiers supplémentaires maintenus pour le transport en commun à Bruxelles", précise-t-elle.

Plusieurs réunions se tiendront à différents niveaux

Des réunions se tiendront à différents niveaux par rapport à la situation dans les prisons, a indiqué samedi Laurent Sempot, porte-parole de la direction générale des établissements pénitentiaires, à l'agence Belga. "Samedi matin, une rencontre a déjà eu lieu à Arlon, après l'évasion de vendredi.

Les directions régionale et nationale ont discuté avec le personnel. La discussion était sereine. Il y a eu ensuite aussi une brève rencontre informelle entre le directeur général des établissements pénitentiaires et les représentants syndicaux locaux", a déclaré M. Sempot.

Dimanche, un représentant du cabinet de la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (Open Vld) se rendra à Arlon. La ministre elle-même est encore à l'étranger, mais elle suit la situation de près, selon M. Sempot. Parallèlement à ces rencontres à Arlon, une réunion se tiendra en principe lundi après-midi au cabinet de la ministre Turtelboom par rapport à la situation générale dans les prisons.

Entre-temps, des actions sont menées par des gardiens dans des prisons à Bruxelles et en Wallonie. "Dans certaines prisons, un arrêt de travail est en effet observé; dans d'autres prisons, le personnel travaille (en effectif réduit) comme un dimanche", a ajouté Laurent Sempot. "Dans les prisons confrontées à la grève, des agents des polices locale ou fédérale ont pris le relais. La Protection civile s'occupe de la fourniture des repas aux prisonniers."

En Flandre, aucune action n'est actuellement menée, a confirmé Laurent Sempot.

Le travail a partiellement repris à la prison d'Andenne

Quarante agents pénitenciers, au lieu de 51, ont repris le travail samedi matin à la prison d'Andenne. Ils n'ont toutefois pas assuré un travail complet. "Les douches et les coups de téléphone ont été assurés. Les détenus n'ont cependant pas eu droit aux sorties préau, ni aux visites.

Seize policiers ont aidé les agents pénitenciers ce samedi matin pour suppléer les quelques absences. Des agents de la protection civile ont servi les repas du midi et du soir en même temps", a expliqué Marc Peeters, délégué CSC.

Au changement de brigade à 14h00, vingt agents étaient présents au lieu de 54. Quelques agents qui devaient travailler ce samedi après-midi ont été influencés par le débrayage suivi dans beaucoup de prisons belges, à la suite de l'évasion qui s'est déroulée vendredi à la prison d'Arlon, et n'ont donc pas repris le travail.

Le nombre de policiers présents n'a lui pas pu être chiffré. Une assemblée générale aura lieu lundi 16 avril à 13h30 avant de savoir si le travail reprendra normalement.

Les prisons wallonnes en grève

Le mouvement de grève de 24 heures à la prison d'Arlon entamé samedi matin, dès 06h00, s'est étendu aux autres prisons de Wallonie, selon la CSC contactée samedi par l'agence BELGA. Vendredi soir, vers 20h30, deux détenus de la prison d'Arlon considérés comme dangereux, David Manella et Jason Bechet, se sont échappés, blessant deux gardiens pris en otage. "Du côté francophone plusieurs mouvements sont lancés depuis ce matin en solidarité avec la prison d'Arlon", confie Serge De Prez, permanent CSC Prison.

"Tous les établissements pénitenciers qui veulent marquer leur soutien à Arlon peuvent le faire. Tout ceci dort déjà depuis plusieurs mois, dans la mesure où la ministre de la Justice ne s'intéresse guère à ces services, notamment en n'étant pas suffisamment alertée par les différentes prises d'otages. Elle ne répond pas suffisamment aux besoins de sécurité des agents."

Dimanche, dès 06h00, les agents pénitentiaires pourront continuer à travailler en service de nuit jusqu'à lundi; jour où une réunion en front commun syndical sera organisée avec les représentants nationaux pour envisager la suite des événements.

Selon certains médias, les prisons de Arlon, Saint-Hubert (pour adultes et le centre fermé pour jeunes), Mons, Ittre, Tournai, Nivelles, Verviers, Forest et Saint-Gilles seraient touchées par les actions de grève.

Les gardiens de la prison de Tournai ont également entamé samedi une grève de 24h. Le service minimum est assuré par la police à la prison de Tournai.

Le mouvement de grogne est soutenu par les syndicats. La police de la zone de Tournai assure la sécurité de l'établissement pénitentiaire, en service minimum. Il n'y aura dès lors pas de visites, ni de préau, ni d'ateliers samedi. La visite de 13h00 a également été annulée.

Les agents tournaisiens dénoncent un manque de sécurité pour le personnel, de gardiens et de moyens.

La prison de Tournai accueille actuellement quelque 250 prisonniers. Or, la norme fixée est de 187 détenus, le nombre maximal tolérable étant de 220 prisonniers, selon les syndicats et les travailleurs.

Deux évadés à la prison d'Arlon

Les deux détenus qui ont profité de la fin d'une balade au préau, vendredi soir, à la prison d'Arlon pour prendre deux gardiens en otage et prendre la clé des champs sont David Manella, notamment condamné le 26 mars dernier, pour une évasion avec prise d'otage de la prison de Nivelles le 13 juin dernier, et Jason Bechet, a-t-on appris.

La police d'Arlon a confirmé l'information. Les deux fugitifs qui n'ont toujours pas été retrouvés ont grièvement blessé deux gardiens l'un au visage, l'autre à la gorge. Un de ceux-ci a été admis aux soins intensifs, a-t-on appris de source syndicale.

Les jours des deux victimes ne sont toutefois pas en danger. Les deux agents victimes ont pu rentrer chez eux vendredi soir, a indiqué Laurent Sempot, porte-parole de l'administration pénitentiaire.

Le 13 juin 2011, David Manella s'était évadé de la prison de Nivelles avec Maximilien Collard, en prenant une gardienne en otage à l'aide de couteaux artisanaux fabriqués avec des lames de rasoir. Cela lui avait valu une condamnation à une peine de prison ferme de 8 ans le 26 mars dernier.

Originaire de Charleroi et connu des autorités judiciaires pour des agressions commises avec violence, David Manella avait aussi été condamné à 15 ans de prison en février dernier pour une liste impressionnante de braquages et carjackings commis au cours de l'été 2010 avec des complices.

Il avait ainsi été poursuivi pour le braquage d'une salle de jeux de Jumet, commis avec deux complices, pour des vols de voitures et de plaques d'immatriculation, des attaques à main armée dans une librairie et un night shop de Ransart, un Brico Marché, un magasin Match, un bureau de Poste, une pizzeria à Jurbise.

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