Quatre personnes dont Alexandre Hart et Belinda Donnay ont maltraité un jeune homme qui fêtait ses 18 ans

La cour d’assises de Liège a évoqué une agression dont se sont rendus coupables Alexandre Hart et Belinda Donnay avec d'autres personnes. Des faits qu’ils ont commis le 19 mai 2016. 

C’est Alexandre Hart qui a évoqué les faits lors de sa dernière audition devant la police. Il a expliqué que Belinda Donnay avait attaché un certain Romain à un radiateur avec des menottes lors d'une agression qui ressemble furieusement à celle qu'ils ont fait subir à Valentin Vermeesch. 

Au moment des faits, ce jeune homme était très ami avec le couple. Il a passé sa soirée d’anniversaire au domicile de Belinda avec Alexandre. Romain fêtait ses 18 ans. La cour a entendu Olivier qui se trouvait sur place lors de cette agression. 

Ils l’ont forcé à boire des alcools", a indiqué un jeune homme. "Ils lui ont fait ravaler son vomi. On l’a attaché avec des menottes qui viennent des parents de Belinda. Je pense que c’est elle qui est allée les chercher. Romain pleurait, il demandait d’arrêter. J’ai eu peur pour Romain. Alexandre ne se serait pas attaqué à moi. Je lui ai dit que si il défonçait la porte de chez moi, il ne ressortirait pas vivant. Il savait que je pouvais aussi avoir des pulsions agressives, mais moi je n’ai pas fait de conneries. Hart avait des pensées meurtrières et des idées noires, moi aussi."

Alexandre Hart a dit à Romain qu’il avait bien de la chance qu’on l’apprécie, à défaut de quoi il serait déjà enterré dans le jardin. 

Une ancienne amie de Belinda Donnay et Alexandre Hart était également présente lors de cette soirée. Elle était enceinte et n’a donc pas bu ce jour-là. Kevin, son petit ami de l’époque a participé à l’agression, tout comme le précédent témoin, dans une moindre mesure. 

Le petit ami de cette dame est décédé depuis. "Belinda a cuisiné un cake pendant que l’on était là", a-t-elle expliqué. "Elle avait écrasé des médicaments dedans. Romain était le seul à ne pas le savoir. Il est le seul à en avoir mangé." 

Les agresseurs ont forcé le jeune homme à boire. "Belinda a mélangé les alcools pour les servir. Tout le monde a bu sauf moi parce que j’étais enceinte. Ils ont fait des frites, Belinda a mis du tabac dans la friteuse et ils ont mangé."

La victime a été déshabillée. "Romain s’est retrouvé en boxer et en short. Belinda lui a demandé de se déshabiller pour jouer. Il refusait parce qu’il faisait froid. Ils l’ont déshabillé de force. Ils l’ont fait mettre dans le jardin pour lui jeter de l’eau, des oeufs et de la farine dessus. Ils agissaient sous les ordres de Belinda."

Le témoin a démenti la version de Belinda qui prétendait que tous les protagonistes avaient reçu des projectiles. "Les autres n’ont rien reçu. Olivier lui a uniquement jeté des oeufs et de la farine. Romain était la cible de plusieurs personnes. Belinda lui a dit que c’était pour jouer, que l’on ne fêtait qu’une fois ses 18 ans." 

Cette dame a expliqué que le jeune homme avait eu très peur et qu’il faisait froid. "J’ai gardé ma veste tout le temps. Ils lui ont jeté un seau d’eau froide. Ensuite, ils l’empêchaient de rentrer. Alexandre retenait la porte. Ils l’ont laissé dehors pendant environ 15 minutes." 

Selon celle-ci, c’est Belinda qui a eu l’idée des jets de nourriture sur la victime. "Il pleurait. Il suppliait et était très mal. Il s’est lavé et est redescendu. Il avait remis son boxer. Ils ont recommencé." 

La scène de violence et d’humiliation n’était pas encore finie. "Belinda est allée chercher les vêtements de police de sa maman. Elle avait mis le képi, la veste et a pris les menottes. Elle a attaché Romain à un radiateur, les mains dans le dos. C’est elle gérait les menottes. Belinda ne voulait pas qu’on le détache malgré le fait qu’il pleurait." 

La victime a vomi. "Kevin l’a menacé d’un couteau à cran d’arrêt. Alexandre lui a tenu la tête en hauteur. Belinda a ramassé le vomi dans un verre et lui a fait reboire. Romain pleurait. Kevin a détaché Romain. Il est tombé d’un coup vers l’avant, le visage en premier." 

Ce témoin et son petit ami ont rhabillé Romain. "Je n’ai rien dit parce que quoi que je dise, ils n’auraient pas arrêté. Ils étaient dans un tel état, que cela ne servait à rien. Cela m’a choqué de la part de tout le monde." Cette jeune femme a traité Belinda Donnay de "pourriture"

Elle a précisé sa pensée. "C’est inimaginable. C’est pareil pour Alexandre, même si il faisait tout ce qu’elle disait. Kevin, mon compagnon m’a dégoûté ce soir-là. C’était trop choquant. Cela a duré de 22 heures à 7 heures du matin." Une dernière information qui a provoqué une réaction d’effroi dans la salle. 

Après les faits, la victime a été si traumatisée qu’elle a refusé d’en parler aux enquêteurs lorsqu’elle a été questionnée après la mort de Valentin. Romain s’est dit qu’il aurait pu mourir à la place de Valentin. 

Interrogée, Belinda Donnay a, une nouvelle fois, nié les faits. "Je ne vais pas avouer quelque chose que je n’ai pas commis", a répondu l’accusée d’un ton particulièrement assuré. "On a tous reçu de la farine et des oeufs. On était tous habillés. Mais je ne suis allée me laver qu’après."

Me Alexandre Wilmotte, pour les parties civiles, a alors demandé à Belinda Donnay si le témoin avait des raisons de mentir. "Ce n’est pas à moi qu’il faut le demander ! Elle pense peut-être que j’ai signé une lettre pour que son compagnon obtienne la garde de son fils." 

En réalité, cette lettre était en rapport avec une précédente compagne de l’homme et pas avec le témoin. 

Pour terminer la matinée, les jurés ont entendus des témoins qui connaissaient un homme aujourd’hui décédé et dont Alexandre Hart avait fait croire qu’il avait commandité l’agression de Valentin pour 3.000 euros. L’accusé a ensuite avoué qu’il avait totalement inventé cette histoire. Cet homme âgé et malade était particulièrement isolé. Il a été victime de trois agressions. "Il a dit que Valentin était déjà venu chez lui. Quand il était seul, il n’y avait pas de problèmes, mais lorsqu’il était accompagné, ce n’était plus pareil. Il m’a expliqué que Valentin était venu avec d’autres pour l’agresser à deux reprises."