Me Gilles Vanderbeck est entré en piste vendredi après-midi devant la cour d'assises de Bruxelles. 

Le dernier avocat à plaider dans ce procès de l'attentat au Musée juif de Belgique s'est d'emblée montré critique vis-à-vis de l'enquête. Pour lui, on a voulu faire de son client, Nacer Bendrer, un dangereux trafiquant d'armes qu'il n'est pas. Me Vanderbeck, après son co-plaideur Me Julien Blot, a débuté une plaidoirie pleine de fougue vendredi après-midi.

Dès l'entame de son exposé, le pénaliste est rentré dans le chou des enquêteurs et de l'accusation. "On vous présente Nacer Bendrer comme un beau bandit, un personnage dangereux. Je dénonce cette volonté évidente de salir l'image de Bendrer au prix de contorsions avec la vérité inacceptables, d'une présentation partisane des faits, avec beaucoup de subjectivité, et au prix de libertés importantes par rapport à la vérité", a-t-il fustigé avec emphase.

"Les procureurs vous ont-ils fourni la preuve qu'il a donné les armes à Nemmouche? Vous ont-ils rapporté la preuve qu'il savait quelle infraction allait être commise avec ces armes et qu'il marquait son accord? Vous ont-ils rapporté la preuve du dol spécial, c'est-à-dire, dans ce cas-ci, le fait de s'associer à un acte terroriste? Non", a avancé l'avocat.

"Je constate déjà qu'après quatre ans et demi d'enquête, ils ont revu leurs prétentions à la baisse", a taclé le pénaliste, rappelant que le ministère public a requis la culpabilité de Nacer Bendrer pour complicité et non pour corréité dans l'attentat au Musée juif de Belgique.

"La complicité, c'est ce que la juge d'instruction avait retenu au départ. Elle avait par ailleurs libéré Nacer Bendrer après deux ans de détention préventive. Pensez-vous qu'elle l'aurait libéré si elle était convaincue que c'était un terroriste? Non. Mais ça, ça n'a pas plu à tout le monde. Les Français se sont d'ailleurs empressés d'assigner Nacer Bendrer à résidence après sa libération en Belgique", a relevé Me Vanderbeck.

Ce dernier s'est targué de l'avantage, par rapport aux procureurs et autres avocats, de son recul par rapport au dossier, étant donné qu'il n'y est intervenu qu'à partir de novembre dernier.

"J'ai une distance qui me permet un regard critique, celui d'un observateur attentif, un peu comme vous", s'est-il adressé aux jurés.

L'avocat a annoncé qu'il allait s'employer à démonter la thèse de l'accusation selon laquelle Mehdi Nemmouche est un loup solitaire et selon laquelle Nacer Bendrer est un "djihadiste" couplé d'un "véritable armurier qui prête et revend des armes".