"Les dernières déclarations de Charles Michel, président du MR, sur les peines incompressibles donnent la nausée", a déclaré mardi dans un communiqué la vice-première ministre PS, Laurette Onkelinx, dans un communiqué.

Vice-première ministre depuis 1999 et ministre de la Justice de 2003 à 2007, Mme Onkelinx a condamné avec sévérité les propos de M. Michel qui, mardi matin, a implicitement rejeté sur le PS et Mme Onkelinx la responsabilité politique de la remise en liberté de Michelle Martin. Le président du MR a indiqué que son parti réclamait depuis de longues années des peines incompressibles mais que le PS s'y était toujours opposé. Mme Onkelinx a fait remarquer qu'elle s'est toujours refusée à commenter les décisions de justice. Elle a pris l'initiative de la loi créant le tribunal d'application des peines, évitant que des décisions sur l'exécution des peines soient prises par des responsables politique et permettant aux victimes d'être entendues, a-t-elle rappelé.

Toujours à son initiative, une loi a également été votée, qui rend beaucoup plus strictes les possibilités de libération des récidiviste. La vice-première estime par ailleurs qu'il ne peut être question de tomber dans le sensationnalisme et légiférer sous le coup de l'émotion provoquée par une situation individuelle.

"Il est détestable de tenir, comme le fait le MR, des discours différents au sein du gouvernement et du Parlement, d'une part, et devant l'opinion d'autre part. Les responsables politiques doivent, en période électorale comme à tout autre moment, conserver un minimum de dignité et ne pas verser dans la basse démagogie. Laurette Onkelinx déplore qu'aujourd'hui, ce parti préfère exciter la vindicte populaire plutôt que de travailler dans la sérénité sur des questions essentielles pour la sécurité de chacun", a-t-elle ajouté.

Le MR persiste et signe

Le MR n'a pas varié mardi, après les réponses indignées du PS aux critiques formulées par le président des Réformateurs, Charles Michel, aux socialistes et à leur attitude face aux peines incompressibles. Interrogé en radio mardi matin, M. Michel a implicitement rejeté sur le PS et sa vice-première ministre Laurette Onkelinx la responsabilité de la libération conditionnelles de Michelle Martin. Il a rappelé que son parti réclamait depuis de longues années des peines incompressibles mais que le PS s'y était toujours opposé.

Le PS a accusé le MR de faire preuve de populisme et de malhonnêteté. "Les déclarations de Charles Michel donnent la nausée", a souligné pour sa part Mme Onkelinx. M. Michel s'est déclaré à son tour "stupéfait" des réactions socialistes. Voici près de 15 ans que le MR propose des peines incompressibles et le PS s'y est opposé sept fois, a fait remarquer M. Michel, avant d'énumérer les propositions de loi de son parti et les points de différents accords de gouvernement qui, selon lui, n'ont pas été, ou du moins pas entièrement, mis en oeuvre.

"Je suis écoeuré parce qu'en politique, il y a des moments où l'on peut changer les choses", a ajouté le président du MR.