C’est un sentiment pénible qui persiste : les pédophiles au sein de l’Eglise ont longtemps été laissés en paix. Face à cette réalité, les évêques ont décidé de ne plus y aller par quatre chemins et d’adopter une ligne de conduite claire. Il n’est plus question de laisser les abuseurs sexuels tranquilles, "même pour des faits commis il y a longtemps" . Outre les diverses sanctions prévues par le droit pénal, diverses formes de sanction sont prévues par le droit canonique; il faut les appliquer.

Il existe des thérapies pour traiter les comportements déviants; il faut en même temps prendre les mesures aptes à prévenir toute répétition de faits inacceptables ou créer un sentiment de sécurité chez l’abuseur, poursuit le document. "Aucune forme d’abus ne peut être tolérée."

Ainsi, quand l’autorité ecclésiale reçoit une information ou une plainte, elle va "conseiller fermement" à l’abuseur présumé de se signaler aux autorités judiciaires. Si l’abuseur présumé n’est pas prêt à le faire, l’Eglise renverra elle-même l’affaire aux instances judiciaires, sur les conseils du point de contact local.

Les évêques veulent impliquer les coupables dans le rétablissement des victimes, si cela correspond évidemment au souhait de ces dernières, les confronter à la souffrance qu’ils ont causée et les sensibiliser à leur responsabilité face aux conséquences de leurs actes. Les pédophiles doivent être les premiers à contribuer à la compensation financière, ajoutent les évêques.

Que faire ensuite des prêtres condamnés pour pédophilie ? "Les coupables doivent être écartés de leurs fonctions d’autorité et incités à se laisser soigner." L’expérience enseignant qu’il existe un grand risque de récidive chez les auteurs d’abus sexuels, un prêtre, diacre ou autre collaborateur ecclésial qui a été confondu ne peut "en aucun cas" être encore intégré dans un secteur pastoral qui le mettrait en contact avec des enfants ou des jeunes, stipule le document.

A propos du cadre de vie et du lieu de résidence de l’intéressé, de nouveaux accords doivent être conclus, ajoutent les évêques : il faut prendre des mesures de sécurité non seulement dans le lieu de travail mais aussi dans l’environnement personnel de l’intéressé.

En fonction de la situation, un contrat sera établi, qui peut prévoir, par exemple, que l’abuseur ne pourra pas participer à des activités prévues pour des enfants et des jeunes; qu’il ne pourra jamais se trouver seul en leur présence; qu’il lui faudra accepter un accompagnement et une supervision permanents; qu’il ne pourra présider des célébrations religieuses dans lesquelles son intervention pourrait scandaliser ou blesser.

Par ailleurs, quand un abuseur présumé n’est pas poursuivi ou qu’il est acquitté, il a droit à être rétabli dans son honneur, au même titre que tout autre citoyen.