En ces temps de disette budgétaire, Paul Magnette (PS), ministre fédéral, avait proposé de limiter le salaire des top managers des grandes entreprises publiques et autres grosses sociétés anonymes de droit public à 290 000 euros brut par an. Dans la foulée, Rudy Demotte (PS) a saisi la balle au bond : le double ministre-Président (gouvernement wallon et gouvernement de la Communauté française) s’était déclaré en faveur d’une limitation des salaires du secteur public des entités fédérées. Rudy Demotte souhaitait toutefois attendre le résultat des discussions au fédéral avant de lancer un système similaire au sud du pays.

En attendant, pour lui faciliter le travail, "La Libre" a mené l’enquête. La question : combien gagnent au juste les grands patrons des nombreuses structures publiques qui gravitent autour de la Région wallonne et de la Communauté française ? Précisons tout de suite qu’au sujet de ces chiffres, c’est la confidentialité qui est de mise Mais voici tout de même quelques beaux morceaux.

A la Société régionale d’investissement de Wallonie (SRIW), Olivier Vanderijst, président du comité de direction et ex-chef de cabinet de Laurette Onkelinx, touche 245 000 euros bruts par an pour cette fonction. Parmi toutes les données que nous avons pu collecter, c’est le record. Remarque : cette somme ne reprend pas les avantages en nature liés à ce poste. La SRIW est un holding public qui soutient les entreprises par des participations à long terme et par des prêts.

Le numéro deux en termes de rémunération, c’est Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF. En effet, l’ex-chef de cabinet de Charles Picqué gagne annuellement 235 000 euros pour diriger la télévision publique francophone. En troisième position, mais loin derrière, on retrouve Luc Vuylsteke (étiqueté MR), le président-directeur de la Société wallonne des aéroports (Sowaer) : 133 000 euros par an. Attention, quelle que soit la structure, on n’atteint évidemment pas les records que l’on peut connaître au niveau fédéral. Chez Belgacom, Didier Bellens avait gagné 2,6 millions l’an passé. Chez Bpost, Johnny Thijs gagne 1 million d’euros environ. Mais il s’agit de sociétés gigantesques cotées en Bourse ou en voie de l’être (dans le cas de Bpost).

Pour en revenir aux sociétés publiques fédérées, il y a aussi toute une série de points d’interrogation sur les salaires de leurs patrons Particulièrement à la Société wallonne de gestion et de participations des entreprises (Sogepa), qui est en quelque sorte le bras financier de la Région. Ici, pas de chiffres, les salaires sont décidés en interne par un comité de rémunération pour les contrats des nouveaux arrivants. Pourtant, une source nous affirme que c’est à la Sogepa que l’on bat réellement tous les records en termes de rémunérations.

Contacté hier, Libert Froidmont (étiqueté PS), le président du comité de direction de la Sogepa, ne veut pas donner son salaire. "La fixation des salaires passe par un comité de rémunération sur la base d’un travail d’analyse réalisée par un consultant, explique-t-il. Les résultats varient en fonction de ce qu’il se passe sur le marché. Ce système est objectif et à ma connaissance assez unique en Wallonie. La seule personne avec laquelle je discute de mon salaire, c’est le représentant de mon actionnaire principal (la Région wallonne, NdlR)".

Pour l’anecdote, les rémunérations à la Sogepa avaient suscité la polémique fin de l’année dernière lorsqu’on avait pu lire dans le rapport annuel 2010 que le poste "rémunération, charges sociales et pension" prévu pour la grosse vingtaine de travailleurs de la Sogepa dépassait les 5 millions d’euros annuels. Les sommes versées au chauffeur-garde du corps (10 000 euros par mois) du président du conseil d’administration de la Sogepa, Libert Froimont, avaient également provoqué un certain émoi.

Tiens, et à Liège-Airport ? Combien gagne Luc Partoune (étiqueté PS), le directeur général ? Difficile à dire : son salaire est fixé, nous affirme-t-on, directement par une négociation avec José Happart, le président du conseil d’administration de l’aéroport.