Belgique

Les réacteurs micro-fissurés ont reçu l'aval de l'Agence fédéral de contrôle nucléaire le mois dernier en vue d'un redémarrage.

Les réacteurs nucléaires Doel 3 et Tihange 2 vont-ils être mis à l’arrêt début janvier ? C’est ce que pourrait décider la justice dans les prochains jours suite à une requête en urgence déposée par l’ASBL “Nucléaire Stop Kernergie”, ce mardi, devant le Tribunal de 1ère instance de Bruxelles. “Notre demande principale est l’arrêt des deux réacteurs jusqu’à ce qu’une expertise sérieuse et internationale tranche sur le dossier, nous explique l’avocat Pierre Chomé, qui a été mandaté par l’ ASBL. Jusqu’à présent, c’est un truc consultatif où l’on retrouve la plupart d’anciens du monde nucléaire belge qui a tranché sur la dangerosité de cette remise en marche de Doel 3 et Tihange 2 ».

Pour rappel, Doel 3 et Tihange 2 avaient été mis à l’arrêt pour la seconde fois début 2014, suite à une décision de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). Après pratiquement deux années d’étude, l’AFCN avait donné son feu vert au redémarrage des réacteurs micro-fissurés, le 17 novembre dernier. Alors que Doel 3 a été relancé la semaine passée, le redémarrage de Tihange 2 est prévu cette semaine.

La requête de “Nucléaire Stop Kernergie” a été déposée ce mardi et Engie devrait officiellement être mis au courant, au plus tard, pour la fin de semaine. Une audience devrait opposer les avocats des deux parties dans les plus brefs délais. Le président du tribunal de première pourrait, alors, décider la mise à l’arrêt provisoire de Doel 3 et Tihange 2 s’il juge les arguments de Maître Chomé convaincants. Dans tous les cas, une décision sur le fond devrait être prise dans maximum deux mois.

“D’après les documents que nous avons consulté, il y a des fissures qui vont jusqu’à 18 centimètres. Dans ma vision sémantique, cela n’a rien à voir avec des microfissures, argumente l’avocat. On remet en route des réacteurs qui ont été dégradés et qui sont irréparables. L’agence fédérale de contrôle nucléaire explique que le redémarrage est un risque acceptable… Cela fait frissonner”.