Les rythmes scolaires sont l’exemple parfait d’un très vieux dossier qui pourrait enfin évoluer à l’occasion du Pacte. Ou, du moins, évoluer en partie.

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Si le Pacte s’est résolu, pour l’heure, à ne pas trop s’avancer sur une réforme de la journée scolaire, il a trouvé un consensus pour réformer les rythmes de l’année scolaire.

Les risques des grandes vacances

Le constat, avant tout, était celui de vacances d’été trop longues, et de vacances de Toussaint et de Carnaval trop courtes, alors que c’est à ces saisons-là que les enfants ont le plus besoin de recharger leurs batteries.

"C’est vrai, acquiesce Dominique Lafontaine, professeur en sciences de l’éducation à l’ULG. Les études montrent que la longueur des vacances d’été ne fait pas perdre tous les acquis d’une année scolaire, mais bien une partie d’entre eux."

Ce ne seront donc pas les savoirs routiniers qui seront perdus - la compréhension à la lecture peut même être renforcée pendant les vacances - mais les savoirs qui nécessitent de la répétition pour être bien acquis, à l’instar des tables de multiplication, continue-t-elle en substance.

"Ce qui est sans doute plus problématique, c’est que la longueur de ces vacances accentue les inégalités sociales, et donc les inégalités scolaires. Car ceux qui risquent de perdre le plus d’acquis durant les vacances sont les enfants issus des familles les plus fragiles et défavorisées qui ne peuvent bénéficier de stages ou d’activités extrascolaires."

Deux semaines pour récupérer

Mais une semaine pourrait-elle tout changer ? "Je ne le pense pas, nuance la professeur. Mais l’avantage est à chercher dans le rééquilibrage des congés. Les pays qui ont allongé les vacances de Toussaint et de Carnaval ont engrangé des bénéfices. Il faut savoir qu’une semaine de congé casse le rythme d’un élève, et ne lui permet pas de récupérer pleinement. Lorsqu’ils bénéficient de deux semaines, les vacances se révèlent au contraire beaucoup plus bénéfiques."

Ce que souhaite du coup le groupe central du Pacte, est de réorganiser l’année à raison de périodes de sept ou huit semaines de cours, suivies par deux semaines de congés. Les élèves bénéficieront donc de deux semaines à la Toussaint, à Noël, au Carnaval et à Pâques.

Le respect des journées de classes

Le groupe central souhaitait cependant qu’une année scolaire continue à proposer 182 jours d’école par an (183 à l’occasion des années bissextiles). Pour récupérer les congés offerts à la Toussaint et au Carnaval, il a donc imaginé un plan à multiples facettes.

Il consisterait, d’une part, à réduire les vacances d’une semaine fin août.

Ensuite, l’option serait que les grandes vacances ne débutent ou ne se terminent plus en pleine semaine (ce qui est défavorable au secteur du tourisme qui ne peut bénéficier de semaines complètes de réservations). Les vacances commenceraient donc le premier samedi après le 1er juillet, et se termineraient systématiquement un dimanche.

Enfin, comme les sessions d’examens classiques seront moins régulières et moins nombreuses, les écoles auraient moins de jours blancs à prévoir, ces jours utiles aux délibérations, mais à l’occasion desquels les élèves ne viennent pas en classe.

Un impact neutre pour le tourisme

Du côté du secteur du tourisme, souvent frileux face à de telles évolutions, certains se montrent cette fois plus favorables. Président de la Fédération Horeca Wallonie, Thierry Neyens reconnaît ne pas envisager ce nouveau calendrier de manière absolument négative.

"Des vacances plus longues à la Toussaint et au Carnaval nous permettront d’éviter certains pics de réservation, en Ardenne notamment. Mais deux semaines de congé peuvent être aussi un risque en favorisant l’exode vers des destinations plus lointaines. Je pense donc que de telles évolutions demanderont une adaptation de notre part, mais pourraient en définitive occasionner un impact relativement neutre."

Du côté du Pacte, si on reconnaît qu’une telle mesure ne fut pas au centre de toutes les discussions, on admet qu’elle pourrait avoir l’avantage d’être vite concrétisée. "Il suffit presque de changer une ligne dans un décret. Il faudra juste attendre deux ans, certains ayant déjà réservé des vacances longtemps à l’avance."

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