Un peu de jargon d'abord. Les soins cardiologiques en hôpital procèdent de trois ordres: B 1 pour le diagnostic; B 2 pour les soins et interventions; B 3 pour la chirurgie.

Des hôpitaux ont tout, d'autres une partie. Le ministre fédéral (PS) de la Santé, Rudy Demotte, a lancé un projet de concentration des activités sur des hôpitaux de référence, minima à la clé. Motifs invoqués: performances et rationalisation. Il passe ou passait par la fermeture des centres B 1. On en compte 19, dont pas moins de 15 en Wallonie. Que l'on doive cette proportion à certaine propension wallonne à la dispersion ou plus objectivement aux différences de densité et de distances, le fait est que le ministre trouvait à montrer sa bonne volonté au Nord, tout en essuyant de sérieuses pressions au Sud... On use de l'imparfait car il y a du neuf.

D'abord, dans l'échéancier. Comme «Le Soir» l'annonçait jeudi, la réforme n'entrera en vigueur qu'en janvier 2007. Il est vrai que son démarrage prévu jusqu'ici en janvier 2006 était devenu utopique, sauf solide rétroactivité, faute d'arrêtés.

Ensuite, dans les modalités. Il fut question d'autoriser par dérogations des centres B 1/B2 - au moins deux, dans le Luxembourg et au Tivoli (La Louvière). Voici qu'on annonce plus sophistiqué: l'hôpital comptant au moins 800 angioplasties et 500 opérations par an pourrait sous-traiter des activités à un hôpital ex-B 1. Ce qui promet de solides marchandages, d'autant que le volume d'activités requis pour ainsi décentraliser paraît en réserver la faculté aux hôpitaux universitaires.

© La Libre Belgique 2005