Nos confrères de BFM TV publient ce vendredi matin des extraits de l'audition de Salah Abdeslam, l'un des terroristes présumés des attentats de Paris en novembre dernier. Le Monde confirme certains détails... et en ajoute.


L'homme assure que son frère Brahim est à l'origine de sa participation aux attentats. Si Salah Abdeslam a "loué des voitures et des hôtels", ce serait à la demande de son frère décédé le 13 novembre, peut-on lire sur le site internet de la chaîne française d'information en continu. "J'ignore la provenance de cet argent, mais je sais que ça n'était pas le sien (de Brahim). Chaque fois que j'ai dû payer des choses pour préparer ces attentats, l'argent venait de Brahim," ajoute Le Monde.

Il a ajouté que son rôle était de rentrer au stade de France pour s'y faire exploser. Mais qu'il n'avait pas de billet. "J'ai renoncé lorsque j'ai stationné le véhicule. J'ai déposé mes 3 passagers, puis j'ai redémarré. J'ai roulé au hasard." Le Monde ajoute : "J’ai fait quelques arrêts de métro, un ou deux. Je suis ensuite descendu du métro. J’ai marché jusqu’à un magasin de téléphone, j’ai acheté un téléphone et j’ai contacté une seule personne : Mohamed Amri." 


De Schaerbeek à Forest, en taxi, 10 jours après les attentats


Selon Le Monde, Salah Abdeslam aurait livré quelques éléments de sa cavale aux enquêteurs. Une cavale qui a commencé dans la planque de Schaerbeek, dès le lendemain des attentats. "Abdel (qui est en réalité Mohamed Belkaid) n'était pas content de me voir revenir. Je lui ai expliqué que je ne pouvais pas me faire sauter. Il m'a consolé et m'a ensuite dit qu'il allait me cacher le temps que je puisse partir dans un lieu où je serai en sécurité." Dix jours plus tard, Salah Abdeslam et Mohammed Belkaid rejoignent la planque de Forest, au 60 rue du Dries, en taxi.


"Les frères El Bakraoui ? Je ne les connais pas"


Autre point troublant: Abdeslam dit qu'il n'a contacté qu'"une seule personne, Mohammed Abrini", après avoir renoncé à se faire exploser au stade de France. Pourtant les enquêteurs ont les preuves qu'il a appelé d'autres contacts le soir du 13 novembre. De même, Le Monde rajoute que les enquêteurs lui ont montré des photos des frères El Bakraoui. Abdeslam assure alors aux enquêteurs, sans hésiter, "je ne (les) connais pas." Le quotidien français ajoute : "il ne sera jamais relancé sur ce point."


"Amine Choukri" s'appelle Ayari


Enfin, dernière révélation importante de ces informations du Monde : le vrai nom d'Amine Choukri. Celui-ci a été arrêté en même temps que Salah Abdeslam. On savait que "Choukri" était un fauxi nom et d'après le quotidien français, son vrai patronyme est Ayari, d'origine tunisienne.


Mais peut-on accorder du crédit à toutes ces déclarations ? Certaines affirmations semblent peu crédibles, comme celle-ci : "J'ai vu Abaaoud à Charleroi la nuit du 11 au 12 février 2015. C'est la seule fois que j'ai vu Abaaoud de ma vie". Pourtant, dans un long portrait publié il y a quelques semaines ( lire en intégralité ici ), "La Libre" rappelait qu'Abaaoud et Abdeslam ont été condamnés ensemble pour cambriolage en 2010. Les deux hommes étaient des amis d'enfance.